Publié le jeudi 25 juin 2026 dans la rubrique Montpellier
Tensions au conseil municipal de Lunel : réorganisation et projets controversés
Le dernier conseil municipal de Lunel, dans l'Hérault, a été marqué par des tensions internes au sein du groupe "Lunel c'est vous". Anthony Belin, le chef de file, a annoncé une réorganisation qui a conduit à l'exclusion de Julia Plane et Elodie Donnadieu. Ces deux élues du Rassemblement National ont déjà manifesté leur désaccord avec les décisions de la majorité, votant différemment à douze reprises lors de cette séance.
Un des principaux sujets discutés a été l'approbation du règlement intérieur du conseil municipal. Le maire, Paulette Gougeon, a expliqué que ce texte était une reprise à 90 % de l'ancien règlement. Toutefois, Julia Plane a proposé trois amendements, dont la retransmission en direct des conseils sur internet, la suppression de la limitation du temps de parole et l'obligation de soumettre tout amendement au vote. Ces propositions ont été rejetées par la majorité.
Les questions de transparence et la protection fonctionnelle
Stéphane Dalle, ancien premier adjoint et désormais opposant, a demandé des clarifications sur les 10 % de modifications apportées au règlement. Paulette Gougeon a précisé que la durée de parole des élus était dorénavant plafonnée entre 3 et 10 minutes, une restriction qu'elle juge nécessaire pour éviter des débats interminables.
Par ailleurs, le maire a demandé la protection fonctionnelle, affirmant avoir été personnellement visée par des accusations liées au projet du Mas de Fourques. Viviane Bonfils, première adjointe, a expliqué que des allégations diffamatoires circulaient sur les réseaux sociaux. Paulette Gougeon a porté plainte, qualifiant ces allégations de prise illégale d'intérêt. Les opposants ont questionné le contexte de ces accusations, cherchant à savoir si elles ciblaient la maire ou sa candidature, et ont obtenu la confirmation que les propos étaient dirigés vers elle en tant que maire.
Le projet de gendarmerie et les préoccupations financières
Le projet de construction d'une nouvelle gendarmerie a également suscité des débats. La Banque des Territoires exige que la ville garantisse intégralement un prêt de 40 millions d'euros accordé au promoteur FDI Habitat, ce qui a alarmé les élus de l'opposition. Elodie Donnadieu a souligné qu'un problème financier pourrait représenter un risque considérable pour la commune, tandis que Nourredine Beniattou a questionné le taux de garantie requis.
La majorité a défendu ce projet, avec le maire affirmant que c'était une initiative structurante pour la ville. Elle a insisté sur les engagements financiers du conseil départemental à Lunel, tandis que les dix élus d'opposition ont voté contre, estimant que les risques étaient trop élevés.
Corridas et débats internes
Les discussions sur la corrida ont également fait surface. Stéphane Dalle, un fervent défenseur de cet événement, a interpellé ses anciens collègues sur l'autorisation d'une deuxième corrida lors de la Pescalune, avant que le conseil municipal ne soit consulté pour modifier le contrat avec le délégataire. Sylvie Thomas et Corinne Poléri, opposantes à la corrida, ont confirmé qu'un débat avait eu lieu au sein de la majorité, mais que celle-ci avait décidé d'aller de l'avant.
Nicolas Séverac, élu à la fête locale, a rappelé que l'appréciation de la corrida ne devait pas être uniforme parmi les élus, mais que cet événement contribuait à mettre Lunel en lumière.
Un vœu pour la protection des maires
Enfin, Anthony Belin a réussi à faire adopter un vœu concernant la protection des maires poursuivis en tant qu'officiers d'état civil, à l'exemple du maire de Béziers. Ce vœu a été validé grâce aux voix de son groupe, ainsi qu'à celles de Stéphane Dalle et Nicolas Séverac, avec une abstention significative de 26 élus. Seuls trois d'entre eux ont voté contre.


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