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Publié le jeudi 30 juillet 2026 dans la rubrique Montpellier

SOS Racisme dénonce des discriminations raciales dans deux établissements de l'Hérault

SOS Racisme publie les résultats de testings dans l'Hérault : une boîte de nuit sur trois et une plage privée sur six discrimineraient selon la couleur de peau. Le Fizz à Montpellier et une plage de La Grande-Motte sont visés. Plaintes déposées.

Dans l’Hérault, SOS Racisme a mené des tests dans sept établissements du littoral méditerranéen. Résultat : une boîte de nuit sur trois et une plage privée sur six pratiquent des discriminations fondées sur la couleur de peau. L’association vient de publier les conclusions de cette opération, en pointant nommément deux sites : le Fizz, à Montpellier, et une plage privée de La Grande-Motte.

Un testing qui confirme des pratiques discriminatoires

L’opération s’est déroulée avec des bénévoles, comme lors des précédents tests sur les plages ou les agences immobilières. Sur l’ensemble des sites testés dans l’Hérault, deux établissements sont accusés d’avoir refusé l’accès à des personnes « perçues comme noires ou arabes ». Dominique Sopo, président de SOS Racisme, qualifie ces agissements d’« intolérables » et appelle à ne pas les prendre à la légère.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une discothèque sur trois, et une plage privée sur six, ont montré des différences de traitement. L’association a sélectionné les cibles selon plusieurs critères : des tests antérieurs révélant des discriminations, des signalements reçus par son service juridique, ou encore des avis Google négatifs.

Le Fizz à Montpellier dans le viseur

Dans la nuit de samedi à dimanche, un test a été réalisé au Fizz, en plein centre-ville de Montpellier. Le scénario est classique : un groupe de personnes noires se présente, le videur annonce que l’établissement est plein. Peu après, un groupe de personnes blanches arrive et entre sans difficulté. Pendant ce temps, la boîte ne s’est pas vidée. Mieux : le videur aurait empêché certains clients de sortir pendant qu’il refusait le premier groupe.

Le patron du Fizz, rencontré mardi soir à l’ouverture, conteste formellement ces accusations. « Des accusations de racisme, il y en a contre toutes les boîtes », assure-t-il. Selon lui, les refus sont motivés par la tenue, l’alcoolémie excessive ou le déséquilibre filles-garçons. Il ajoute que son établissement garde parfois des places pour les personnes travaillant dans les bars et restaurants voisins. Quant aux nombreux commentaires Google évoquant des videurs racistes – comme « L’Afrique ce n’est pas ici, nous sommes en France » –, il les ignore : « Les gens qui se font recaler laissent des commentaires. C’est toujours négatif, on ne répond plus. »

À La Grande-Motte, une plage privée accusée de tri

Autre cas : une plage privée de La Grande-Motte. Ici, la discrimination n’a pas pris la forme d’un refus d’entrée, mais d’un traitement inégal dans l’attribution des transats. Trois binômes se sont présentés sans réservation. Le premier, perçu comme noir, a pu payer des transats de première rangée, mais est reparti chercher son portefeuille sans revenir. Le second binôme, perçu comme arabe, s’est vu refuser ces mêmes places au motif qu’elles venaient d’être attribuées au premier groupe. On lui a proposé des transats au troisième rang. Enfin, le troisième binôme, blanc, a obtenu des places de première rangée, devenues libres après le désistement du premier groupe.

Le gérant de l’établissement assure que ce récit est impossible. Il rappelle que les réservations se font en ligne et que les places de première ligne sont attribuées dans la limite des disponibilités. « Je ne refuse personne chez moi », insiste-t-il. Mais pour SOS Racisme, l’enchaînement montre une discrimination nette : le groupe arabe a été relégué alors que le groupe blanc a hérité des places libres.

Des excuses qui ne trompent pas

Dominique Sopo décrit d’autres « fausses excuses » courantes dans le milieu : on exige des personnes racisées de payer 200 euros au lieu de 15, on leur demande de prendre une bouteille, ou on invoque le statut d’habitué. « Dans cette situation, on estime qu’il faut compenser la couleur de peau par un comportement dépensier exceptionnel », explique-t-il. Le message est clair : ces pratiques persistent, souvent dans l’impunité.

Des plaintes déposées, une lassitude persistante

SOS Racisme a porté plainte le 26 juillet contre le Fizz pour « discrimination fondée sur l’origine, l’ethnie ou la nationalité, caractérisée par le refus d’un bien ou d’un service dans un lieu accueillant du public ». Une autre plainte doit être déposée dans la semaine contre la plage de La Grande-Motte.

L’association espère que la justice mènera des enquêtes sérieuses. Mais Dominique Sopo va plus loin : il interpelle les pouvoirs publics, préfets et maires, pour qu’ils convoquent les professionnels du secteur et leur rappellent leurs obligations légales. Car au-delà des sanctions, il faudrait prévenir. Le président de SOS Racisme regrette que les testings fassent du bruit un moment, puis retombent. « Les testings, ça fait du bruit pendant un petit moment, puis on passe à autre chose. Ça ne modifie pas radicalement le débat public. Et ça, c’est inquiétant. » La banalisation du racisme, une fois de plus, est pointée du doigt.


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