Publié le jeudi 18 juin 2026 dans la rubrique Nantes
Après l'occupation de l'atelier Dulcie September, une centaine de personnes mises à l'abri par la ville de Nantes
Une centaine de personnes en situation de précarité a temporairement occupé l'ancienne école des Beaux-arts à Nantes, soutenues par l'association Droit au logement. Ces familles, souvent à la rue, font face à un manque de perspectives de logement à long terme.
Des témoignages poignants
Estelle, originaire de la Côte d'Ivoire, a quitté son pays avec l'espoir d'un avenir meilleur. Arrivée à Nantes il y a six mois avec son fils de 5 ans, elle raconte leur quotidien difficile : "Nous dormons où nous pouvons, à la gare, dans les halls d'immeubles ou même à l'aéroport". Chaque jour, elle doit passer des heures à appeler le 115 pour connaître l'endroit où ils vont dormir, une situation qui pèse lourdement sur le moral de cette mère.
La détresse d'Estelle n'est pas un cas isolé. Selon les collectifs qui viennent en aide aux sans-abri, plusieurs milliers de personnes se trouvent dans une situation similaire à Nantes. Blessing, une mère nigériane, doit changer de logement tous les trois jours avec son mari et leurs cinq enfants, une situation insupportable pour les familles.
L'urgence de la situation
Les associations soulignent que les occupations comme celle de l'atelier Dulcie September sont devenues une nécessité pour faire entendre leurs revendications. Simon Le Her, militant de Droit au Logement (DAL) 44, affirme : "Nous demandons l'hébergement immédiat et adapté de toutes les personnes qui sont à la rue". Les demandes incluent également l'accès à un logement stable pour ceux qui ont déjà déposé une demande HLM.
Avec une nouvelle vague de chaleur annoncée, la situation devient encore plus urgente. La mairie de Nantes a réagi rapidement, s'engageant à trouver des solutions pour accueillir ces familles dès mercredi soir.
Les réponses de la municipalité
Jeudi matin, la municipalité a confirmé dans un communiqué avoir pris des mesures concrètes après avoir recensé les personnes présentes à l'atelier. "Une étude précise de chaque situation a été menée par la Ville et l'État pour identifier les ressources disponibles afin de reloger ces familles", a précisé le communiqué.
Dans le cadre de cette réponse, la ville a confié à la Croix Rouge la mission d'aménager en urgence les anciens locaux de l'école Joséphine Baker, sur l'île de Nantes, pour accueillir les 119 personnes recensées lors de l'occupation. L'État a pris en charge 15 d'entre elles. La municipalité a également annoncé la poursuite du dialogue avec l'État et le Conseil départemental pour trouver des solutions dignes et durables.
Un appel à des solutions durables
Malgré la réactivité de la collectivité, le DAL estime que ces solutions d'urgence ne suffisent pas sur le long terme, surtout avec des températures atteignant près de 40°C. "Nous demandons que des solutions plus adaptées soient trouvées rapidement, y compris par la réquisition si nécessaire", a déclaré Simon Le Her.
Un droit inconditionnel à l'hébergement
Les associations rappellent que l'hébergement est un droit inconditionnel, et insistent sur la nécessité d'agir rapidement pour éviter des drames humains. La situation des personnes à la rue à Nantes est devenue une préoccupation majeure, et les réponses doivent être à la hauteur des enjeux sociaux actuels.


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