Publié le jeudi 24 septembre 2026 dans la rubrique Nantes
Grève des salariés de SFR à Nantes : inquiétude face à un rachat imminent
Les salariés du groupe Altice France, qui gère l'opérateur SFR, se mobilisent à Nantes-Saint-Herblain, dans le département de la Loire-Atlantique. Jeudi après-midi, ils entameront une grève en réponse à l'annonce d'un projet de rachat de SFR par un consortium incluant Bouygues, Orange et Free. Ce changement majeur suscite une vive inquiétude parmi les employés, qui craignent pour la pérennité de leurs postes.
Une restructuration inquiétante
Le projet de vente de SFR, estimé à 20,35 milliards d'euros, a été conclu il y a quatre mois. Depuis, les salariés s'interrogent sur leur avenir. L'intersyndicale, regroupant l'Unsa, la CFDT et la CFTC, a exprimé son souhait de faire entendre la colère et l'angoisse des employés face à cette situation. Aude Hervy, déléguée syndicale CFDT à Nantes-Saint-Herblain, a déclaré : "On ne sait pas ce qu'on devient. On a des interrogations sur l'emploi." Selon elle, 12 500 postes sont menacés.
Des suppressions massives de postes
La fin de la marque SFR pourrait intervenir d'ici fin 2026 ou début 2027. Un plan de départ a été proposé, prévoyant la suppression de 5 600 postes, ce qui représente plus de 40 % des effectifs. Parmi ces suppressions, 3 000 concernent directement SFR SA et environ 1 500 touchent le personnel des boutiques. François Monger, délégué syndical UNSA, souligne que le nombre total d'emplois impactés, y compris les emplois indirects dans la sous-traitance, pourrait atteindre 12 000.
Impact local à Saint-Herblain
À Saint-Herblain, environ 130 postes chez SFR sont menacés, en plus des 250 employés d'ERT qui pourraient également être concernés par cette restructuration. Les syndicats soulignent l'importance de ces emplois pour la région et s'inquiètent des conséquences d'une telle opération sur le tissu économique local.
Mobilisation et actions judiciaires
Pour faire face à ces incertitudes, les organisations syndicales ont décidé de saisir la justice pour obtenir des réponses claires sur la transformation des équipes et l'accompagnement des salariés qui pourraient perdre leur emploi. François Monger a exprimé le sentiment général de défiance et d'injustice face à cette situation, rappelant que SFR est une entreprise rentable.
Garanties et inquiétudes
Aude Hervy a également insisté sur la nécessité d'obtenir des garanties pour les salariés, qui ne se sentent pas soutenus dans ce processus. "On nous promet un emploi jusqu'au 31 décembre 2028. C'est demain, 31 décembre 2028", a-t-elle ajouté, soulignant l'urgence de la situation. En 2017, un précédent plan de départ volontaire avait déjà conduit à la suppression de 5 000 postes, et la moyenne d'âge des salariés de SFR s'élève à 50 ans, exacerbant les craintes liées à la restructuration.
Les salariés d'ERT Saint-Herblain prévoient de se mobiliser à nouveau le 30 septembre pour faire entendre leur voix. Les enjeux de cette grève sont cruciaux pour l'avenir des employés et la continuité des services offerts aux consommateurs dans le secteur des télécommunications.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.