Publié le vendredi 24 juillet 2026 dans la rubrique Nantes
La sécheresse en Loire-Atlantique menace l'alimentation animale
Une sécheresse historique en Loire-Atlantique
En Loire-Atlantique, les agriculteurs sont confrontés à une sécheresse sans précédent. Des prairies jaunies et des champs de maïs desséchés témoignent de cette situation alarmante. Le syndicat de la Confédération paysanne tire la sonnette d'alarme concernant le manque de fourrage et l'utilisation de récoltes précoces pour alimenter les méthaniseurs.
Des réserves de fourrage en danger
Dans un communiqué, la Confédération paysanne exprime son inquiétude face à la situation actuelle. Alors que les éleveurs subissent l'une des pires sécheresses depuis cinquante ans, les réserves de fourrage s'amenuisent rapidement. "Les prairies sont grillées, les récoltes sont compromises et les exploitations doivent entamer leurs stocks", déclare le syndicat.
Nicolas Figureau, agriculteur à Montbert et membre du secrétariat de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, souligne la gravité de la situation. "Certaines fermes n'ont pas assez de nourriture pour leurs vaches jusqu'au mois de mars. Nous devons déjà donner à manger à nos bêtes en bâtiment depuis le 15 juin, alors que cela ne devrait pas se produire avant le 15 juillet. Nous puisons donc dans nos réserves d'hiver."
Conséquences pour les éleveurs
Cette année, la récolte de fourrage a été minime. Un printemps sec a conduit à des perspectives catastrophiques pour le maïs, et peu de fourrage sera disponible jusqu'à mars prochain. "L'hiver s'annonce difficile", prévient Figureau.
la Confédération paysanne juge incompréhensible que du fourrage continue d'être utilisé pour les méthaniseurs. "La priorité doit être de nourrir les animaux et non d'alimenter des digesteurs", insiste le syndicat.
Les enjeux des méthaniseurs
En Loire-Atlantique, on recense 23 méthaniseurs agricoles. Pour fonctionner, ces installations nécessitent des déchets organiques, du lisier et des résidus de cultures. Toutefois, la Confédération paysanne dénonce la culture de céréales, comme le maïs, spécifiquement destinée à la méthanisation.
Bruno Clavier, éleveur de chèvres à Machecoul, observe les effets directs de cette situation. À proximité de sa ferme, deux méthaniseurs ont été mis en place. "Ces installations permettent à certains d'augmenter considérablement la surface de leur exploitation sans accroître le nombre d'animaux. Les terres consacrées aux méthaniseurs ne nourrissent plus les animaux d'autres élevages", explique-t-il.
Des surfaces agricoles en mutation
Selon l'Association locale pour l'énergie et l'environnement (AILE), environ 500 hectares de maïs en Loire-Atlantique sont destinés à la méthanisation, représentant 16 000 tonnes brutes par an. Ce maïs, qui pourrait nourrir le bétail, devrait être prioritairement attribué aux éleveurs en quête de fourrage pour l'hiver.
Un appel à la mobilisation
Face à cette crise, la Confédération paysanne appelle à une réévaluation des priorités en matière d'utilisation des terres agricoles. Il est crucial de garantir que les récoltes soient destinées à la production alimentaire pour les animaux et les humains plutôt qu'à des fins énergétiques. La chambre d'agriculture de Loire-Atlantique n'a pas encore répondu à nos sollicitations concernant cette problématique.


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