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Homeless shelter
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Publication le 18 juin 2026 · Mis à jour le samedi 27 juin 2026 dans la rubrique Nantes

Occupation des Beaux-Arts à Nantes : une centaine de personnes mises à l'abri dans l'urgence

Occupation des Beaux-Arts à Nantes : une centaine de personnes mises à l'abri. Des familles en détresse réclament des mesures durables pour un logement stable.

Occupation des Beaux-Arts à Nantes : une centaine de personnes mises à l’abri, la précarité reste entière

Mercredi après-midi, une centaine de personnes, soutenues par l’association Droit au logement, ont investi l’ancienne école des Beaux-Arts de Nantes, l’atelier Dulcie September. Des familles sans toit, sans perspective de logement stable. La ville de Nantes a rapidement réagi en proposant une mise à l’abri dans un autre bâtiment. Mais pour les associations, le soulagement est temporaire. Elles réclament des mesures durables.

L’occupation a duré quelques heures. Les familles ont été redirigées vers l’ancienne école Joséphine Baker, sur l’île de Nantes, transformée en hébergement d’urgence. Quatre-vingts personnes y ont trouvé refuge, dont une quarantaine d’enfants – la moitié avait moins de 3 ans. Quinze autres ménages ont été accueillis dans des hôtels.

Mais ces solutions restent précaires. Edi, 39 ans, fait partie des 80 personnes relogées dans l’ancienne école. Elle a vécu dans la rue pendant trois ans. « Les douches viennent d’arriver, mais on n’a toujours pas de matelas. On dort sur des lits de camp, il n’y a pas de cuisine collective. C’est difficile, surtout pour l’intimité de chacun », témoigne-t-elle.

Des parcours marqués par l’errance

Derrière les chiffres, des histoires. Estelle a quitté la Côte d’Ivoire avec l’espoir d’une vie meilleure. Arrivée à Nantes il y a six mois avec son fils de 5 ans, elle alterne les nuits à la gare, à l’aéroport ou dans les halls d’immeubles. Le matin, elle nettoie son enfant avec un gant, l’habille, cherche de quoi le nourrir avant l’école. « On doit appeler tous les jours le 115 pour savoir où on va dormir. Le 115 nous prend quelques jours », explique-t-elle. Son moral est au plus bas. « La situation est critique pour mon fils et moi. Nous ne savons plus quoi faire. »

Blessing, venue du Nigeria avec son mari et leurs cinq enfants, subit un autre calvaire : changer de logement tous les trois jours quand elle en obtient un. Les associations qualifient ces situations d’inadmissibles. « Nous n’avons plus d’autre choix que ces occupations pour nous faire entendre », déclarent-elles.

Selon les collectifs qui les aident, ils seraient plusieurs milliers à Nantes à vivre sans logement fixe. Une réalité invisible pour beaucoup de Nantais.

Un hébergement d’urgence aux équipements insuffisants

L’ancienne école Joséphine Baker a été transformée en hâte. Les douches viennent d’être installées, mais les matelas manquent. Les lits de camp remplacent les vrais couchages. Pas de cuisine collective. Chaque famille doit composer avec une promiscuité pesante. L’intimité, déjà fragile, devient un luxe.

La ville de Nantes a été alertée par l’association Droit au logement 44 (DAL44) de la situation précaire de ces personnes. Dix jours avant l’occupation, le collectif des Oublié·es du 115 avait déjà investi l’atelier Dulcie September pour soutenir une quinzaine de ménages menacés de remise à la rue par la préfecture de Loire-Atlantique. Cette pression a poussé la mairie à agir. Mais pour les associations, il s’agit d’un pansement sur une hémorragie.

« Des solutions durables, pas du provisoire »

Le DAL44 dénonce des solutions précaires et souvent mal adaptées. Les hébergements d’urgence ne règlent rien sur le long terme. Les familles restent dépendantes du 115, sans visibilité. Les enfants changent d’école, les parents perdent leurs repères. L’association demande des mesures fortes de l’État : des logements pérennes, des hébergements adaptés, une vraie politique de lutte contre le sans-abrisme.

« Nous demandons l’hébergement immédiat et adapté de toutes les personnes qui sont à la rue », insistent les militants. Pas seulement pour une nuit ou quelques jours. Ils veulent des toits stables, des douches dignes, des cuisines où l’on peut préparer un repas. Des solutions qui ne s’arrêtent pas à une mise à l’abri temporaire.

Edi espère ne pas retourner à la rue. Mais elle sait que, sans changement, cette perspective reste réelle. Comme elle, des dizaines de familles, des centaines d’enfants, oscillent entre espoir et désespoir. L’occupation des Beaux-Arts a été un signal. Reste à savoir si les autorités l’entendront.

Les Nantais croisent chaque jour ces hommes, ces femmes, ces enfants qui dorment dans des halls ou sous des tentes. Leur détresse est là, sous nos yeux. Les associations montent au front, mais elles ne peuvent pas tout. C’est à l’État de prendre ses responsabilités.


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