Publication le 11 juin 2026 · Mis à jour le lundi 15 juin 2026 dans la rubrique Nantes
Condamnation de 30 ans de réclusion pour le chef du commando ayant attaqué un blogueur azéri à Nantes
Verdict lourd pour le commando qui a tenté d’égorger un blogueur azéri à Nantes
Ce mercredi 10 juin, la cour d’assises spéciale de Rennes a condamné Emin Gasimov à 30 ans de réclusion criminelle. Cet homme de 34 ans, considéré comme le chef du commando, a été reconnu coupable de tentative de meurtre en bande organisée contre Mahammad Mirzali. Le blogueur azerbaïdjanais, réfugié politique en France, avait échappé de justesse à une agression sauvage en plein jour, le 14 mars 2021, dans les rues de Nantes.
Les deux autres membres du commando ont écopé de peines de 18 et 25 ans de prison. L’un d’eux n’a jamais été retrouvé. Au total, neuf personnes étaient jugées dans ce dossier. L’enquête a révélé que ces hommes appartenaient à un clan de la mafia russophone, les « Voleurs dans la loi ». Leur mission : égorger Mahammad Mirzali et, selon les termes du président de la cour, « propager la terreur parmi les opposants au régime » azerbaïdjanais.
L’avocat d’Emin Gasimov, Me Thierry Fillion, a immédiatement réagi. « C’est une peine excessive », a-t-il déclaré, en colère, sans préciser s’il ferait appel. Ce verdict met fin à près de trois semaines de procès et plus de trois heures de délibéré.
Un lien direct avec Bakou pointé par la justice
Dans son énoncé du verdict, la cour a clairement établi un lien entre les tentatives d’assassinat contre Mahammad Mirzali et les autorités de son pays d’origine. Le blogueur, réfugié en France, continue de publier des vidéos dénonçant la corruption en Azerbaïdjan. Il avait déjà été visé par plusieurs tentatives d’assassinat, dont celle du 14 mars 2021, où un commando avait tenté de l’égorger en pleine rue à Nantes.
La justice française a considéré que l’objectif du commando dépassait le simple règlement de comptes. Il s’agissait, selon le président de la cour, de frapper un opposant politique pour envoyer un message à tous les dissidents azéris. Une analyse qui a pesé lourd dans la lourdeur des peines.
Les autorités azerbaïdjanaises montent au créneau
Au lendemain du verdict, Bakou a vivement critiqué la décision. Le député Zahid Oruj a déclaré à la radio que le juge français avait pris sa décision sous l’influence de l’Élysée. Une accusation qui n’a pas été étayée.
L’agence de développement des médias d’Azerbaïdjan a également publié un communiqué. Elle dénonce une couverture médiatique « partiale, manipulatrice et trompeuse » de la part de certains médias français, qualifiant l’affaire d’« incident criminel banal » courant dans la vie quotidienne en Azerbaïdjan. Une version des faits que contredit directement l’énoncé de la cour d’assises.
Ce verdict renforce la protection judiciaire accordée à Mahammad Mirzali, qui vit sous la menace constante des services de son pays d’origine. Le blogueur, malgré les tentatives d’intimidation, continue de dénoncer la corruption depuis la France. La peine de 30 ans prononcée contre le chef du commando envoie un signal fort : la justice française ne tolère pas que des opposants politiques soient traqués sur son sol, même par des commandos liés à une mafia internationale et à un État étranger.

