Publié le vendredi 23 octobre 2026 dans la rubrique Normandie
Interdiction de manifester à Caen samedi 24 octobre : le préfet du Calvados se dit "ouvert à la discussion pour trouver un lieu ou un parcours sécurisé"
Interdiction de manifester à Caen
La ville de Caen, située dans le département du Calvados, fait face à une décision controversée concernant une manifestation prévue le samedi 24 octobre 2026. Le préfet du Calvados a émis une interdiction, suscitant des réactions vives des organisations syndicales.
Réactions des syndicats
Les syndicats CGT, FSU et Solidaires ont adressé une lettre ouverte au préfet pour contester cette interdiction. Ils considèrent cette mesure comme une atteinte significative aux libertés démocratiques. Selon eux, "le droit de manifester est une liberté fondamentale", soulignant que cette liberté ne devrait pas être soumise aux aléas des décisions préfectorales.
Dans leur communiqué, les syndicats appellent les pouvoirs publics à garantir ce droit plutôt qu'à renforcer les restrictions. Ils affirment que les manifestations, même dans un contexte de tensions, devraient pouvoir se dérouler sans être entravées par des mesures répressives. Ils concluent en insistant que le maintien de l'ordre ne doit pas justifier une remise en cause du droit de manifester.
Position du préfet
En réponse aux critiques, le préfet du Calvados a clarifié sa position dans un courrier. Il a réaffirmé son attachement à la liberté de manifester, tout en précisant que son rôle est d'assurer la sécurité des manifestants. Toutefois, il a également souligné que cette liberté a des limites. Sa décision d'interdire la manifestation s'inscrit dans un contexte local marqué par des violences urbaines survenues récemment à Caen.
Le préfet a mentionné des exactions contre des commerces et contre l'hôtel de ville, des événements qui ont provoqué une inquiétude parmi les habitants et les commerçants. Il estime que, face aux risques potentiels pour la journée du 24 octobre, des mesures préventives s'imposent pour protéger les citoyens et les forces de l'ordre. Par conséquent, il exclut la possibilité d'un rassemblement place de la République, au cœur de la ville.
Dialogue et alternatives
Malgré l'interdiction, le préfet a exprimé sa volonté d'engager un dialogue. Il a indiqué que les organisations syndicales intéressées pouvaient contacter les services de la préfecture pour explorer des alternatives. L'objectif est de trouver un lieu ou un itinéraire de manifestation qui respecte les impératifs de sécurité tout en permettant l'expression des revendications sociales.
Il a insisté sur le fait que l'interdiction ne s'applique pas à toutes les manifestations à Caen. Les syndicats peuvent toujours proposer des solutions qui garantissent la sécurité de tous. Cette approche vise à instaurer un climat apaisé et à rappeler aux organisations syndicales leur responsabilité dans l'organisation des manifestations.
Cadre légal de la manifestation
Le droit à la manifestation est inscrit dans la Constitution française, rattaché aux libertés d'expression et de réunion. En France, les manifestations doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. L'administration peut restreindre une manifestation pour des raisons d'ordre public, mais cela doit être encadré par le principe de proportionnalité. Des mesures moins contraignantes, comme des changements d’itinéraire ou des limitations sur certains objets, doivent être envisagées avant d'opter pour une interdiction générale.
La tension entre la sécurité et les libertés publiques se révèle complexe. Le préfet a donc pris la décision d'interdire la manifestation dans l'hypercentre de Caen, tout en laissant la porte ouverte à des discussions pour modifier cette interdiction d'ici au jour de la manifestation.


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