Publié le lundi 15 juin 2026 dans la rubrique Normandie
Les lycéens de Caen face à l'épreuve de philosophie : réflexions et enjeux
Ce lundi 15 juin à Caen, dans le Calvados, près de 26 700 candidats de la région ont débuté l’épreuve tant redoutée de philosophie, marquant l’ouverture du baccalauréat 2026. Pendant quatre heures, les élèves ont eu l’opportunité de disserter ou de commenter un texte choisi parmi plusieurs sujets.
Les attentes des candidats
Au lycée Salvador Allende, Nané Hakobyan, élève en terminale STMG, profitait des dernières minutes avant le début de l’épreuve pour relire ses fiches surlignées. Elle espérait aborder des thèmes comme "la justice ou la vérité", qu'elle se sentait prête à traiter. Son camarade Sven Buczy, quant à lui, ressentait une certaine pression. Bien qu'il ait préféré "la vérité ou la liberté", il avait révisé en priorité les matières technologiques, celles-ci ayant un coefficient plus élevé que la philosophie.
Le sujet du bonheur
Finalement, les élèves ont dû réfléchir au bonheur à travers la question : "Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?" C'était l'un des quatre sujets de dissertation pour les filières générales. D'autres sujets incluaient "Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?" et un commentaire de texte sur un extrait de Humain, trop humain de Friedrich Nietzsche. Les candidats en filière technologique avaient le choix entre des thèmes sur le débat et la vérité ou sur la technique.
Impressions post-épreuve
À la sortie de l’examen, les premières réactions étaient partagées entre soulagement et satisfaction. Noé, qui avait mobilisé des références à Kant et Freud, s'est montré heureux de son travail sur le bonheur. Il a exprimé sa conviction que l'on ne peut pas être heureux si les autres souffrent. Malgré l’effort, il a trouvé la philosophie "le plus simple" des sujets.
D'autres élèves comme Molly et Grégoire ont également trouvé les thèmes abordés intéressants et accessibles. Molly a apprécié le sujet sur le langage, tandis que Grégoire a opté pour un thème qu'il jugeait facile et plaisant. "C’est une seule fois dans sa vie", a-t-il souligné, soulignant l’importance de l’expérience.
Les préoccupations des futurs ingénieurs
Zaid, qui aspire à devenir ingénieur, a quitté la salle après deux heures et demie d’épreuve, indiquant qu'il comptait consulter des corrections sur TikTok. Pour lui, le contrôle continu lui garantissait une note suffisante, mais il restait focalisé sur l'obtention d'une mention. Aya, une autre élève de STMG, a trouvé le sujet plus simple que prévu, avec des notions familières abordées en classe.
Un moment symbolique
Valérie Cabuil, rectrice de l’académie de Normandie, a assisté à l’ouverture de l’épreuve au lycée Salvador Allende. Pour elle, cet examen représente la fin d’une étape importante de la vie des étudiants. Elle a souligné l'importance de la philosophie, enseignant aux jeunes à réfléchir et à respecter les idées de penseurs qui ont façonné notre compréhension du monde. Emmanuel Agemyang, professeur de philosophie, a également salué la pertinence des sujets proposés, affirmant que la philosophie demeure cruciale, surtout dans le contexte démocratique actuel.
À l’issue de cette épreuve de philosophie, les lycéens enchaîneront rapidement avec les épreuves de spécialité, prévues de mardi à jeudi, avant de se préparer pour le grand oral, qui se déroulera entre le 22 juin et le 1er juillet.

