Publié le dimanche 18 octobre 2026 dans la rubrique Normandie
"On peut comprendre la révolte, mais pas la violence" : à Rouen, des commerçants sous le choc après les pillages en marge de la mobilisation du 17 octobre
Au lendemain des événements violents qui ont marqué la manifestation de Rouen, les commerçants de la ville expriment leur choc et leur indignation face aux incidents survenus. Les scènes de pillage et de dévastation ont laissé des traces profondes dans le tissu commercial local.
Des commerces dévastés
Parmi les établissements touchés, une parfumerie située rue des Carmes a été entièrement pillée en quelques minutes par un groupe d'individus, souvent jeunes. Les images des lieux saccagés témoignent d'une violence inouïe, observée par nos équipes ce samedi 17 octobre. Les voleurs ont cassé et dérobé tout ce qu'ils pouvaient, laissant derrière eux un désastre matériel.
Témoignages de commerçants
Les témoignages des commerçants sont frappants. La directrice d'une bijouterie raconte son expérience traumatisante : elle a dû se cacher dans un placard pour échapper aux émeutiers qui dévalisaient son magasin. À proximité, Zainab, directrice adjointe d'un magasin d'optique, évoque la menace qui pesait sur son équipe. "Ils nous ont clairement fait comprendre qu'on était les suivants", explique-t-elle, visiblement encore sous le choc de cette situation.
Une mobilisation pacifique ternie
Ce dimanche 18 octobre, de nombreux Rouennais expriment leur désapprobation face aux actes de violence. Wilfried, un habitant de 45 ans, souligne que les commerçants n'ont rien demandé. Il appelle à des actions pacifiques : "Aller à Paris, aller à l'Elysée, mais casser les magasins, c'est ridicule." Ce père de famille admet aussi que les frustrations accumulées peuvent mener à des débordements, mais il déplore les méthodes utilisées.
Réactions des autorités locales
Les élus locaux n'ont pas tardé à réagir. Florence Hérouin-Léautey, conseillère municipale et députée, exprime sa déception face à la tournure violente des événements. Présente dans le cortège, elle décrit une ambiance joyeuse et familiale avant que le chaos ne prenne le dessus. Elle déclare : "Ça m'inspire un profond sentiment de dégoût. C'est une attaque en règle contre la République." Son engagement envers la démocratie et la République est clairement affiché.
Des chiffres alarmants
Selon les autorités, la manifestation a rassemblé au moins 24 000 personnes dans plusieurs villes de Normandie, dont Rouen, Caen et Le Havre. Les services de l'État rapportent également 67 interpellations et 26 blessés, dont trois dans un état grave. Ce bilan souligne la nécessité d'une réflexion sur la violence qui a éclipsé les revendications sociales initiales.
Les commerçants de Rouen, tout en reconnaissant l'importance de la révolte sociale, appellent à un retour à la paix et à des méthodes de protestation non violentes. Face à cette situation, le défi reste de trouver un équilibre entre l'expression des mécontentements et le respect des biens et des personnes.


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