Publié le mercredi 23 septembre 2026 dans la rubrique Normandie
Shamonda : quel est ce nouveau virus qui circule dans des élevages bovins en Normandie ?
Le virus Shamonda en Normandie
Le virus Shamonda, identifié pour la première fois en Europe en juillet 2026, a désormais atteint la Normandie, touchant le Calvados et la Manche. Au 15 septembre 2026, ce virus a été détecté dans 41 départements français, avec des cas signalés dans plusieurs élevages bovins. La situation appelle à une vigilance accrue chez les éleveurs.
Origines et caractéristiques du virus
Le virus Shamonda n'est pas totalement inconnu. Son origine remonte au Nigeria, où il a été découvert chez des bovins dans les années 1960. Le groupe Simbu, auquel il appartient, inclut d'autres virus, comme celui de Schmallenberg. Bien que la souche actuelle en Europe soit apparentée à celle du Nigeria, des analyses génomiques révèlent un nouveau lignage spécifique au continent. Kristel Gache, directrice de GDS France, souligne que le virus est inédite en Europe jusqu'à cet été.
Propagation et transmission
La transmission du virus Shamonda se fait principalement par des insectes piqueurs, en particulier des moucherons du genre Culicoides. Kristel Gache précise que ces insectes, similaires à ceux responsables de la fièvre catarrhale ovine, sont favorisés par des conditions climatiques changeantes. Le changement climatique joue un rôle clé dans la prolongation des périodes d'activité de ces insectes, rendant leur prolifération plus probable.
Symptômes chez les bovins
Les bovins infectés présentent divers symptômes, dont la diarrhée aiguë, la fièvre, et une baisse significative de la production laitière. Une étude menée sur neuf exploitations laitières en France a révélé une chute de production laitière variant de 15 à 75 %, avec des symptômes de diarrhée observés chez 8 à 100 % des animaux selon les exploitations. Les conséquences peuvent aller au-delà de ces symptômes, notamment chez les vaches gestantes, avec des risques d'avortements.
Suivi et surveillance
La situation actuelle reste difficile à évaluer précisément. En Normandie, trois cas ont été confirmés, avec deux dans la Manche et un dans le Calvados. L’Eure, l’Orne et la Seine-Maritime n'ont pas encore enregistré de cas. Le virus Shamonda n'étant pas réglementé, il n'existe pas de dispositif officiel de surveillance. Le suivi repose sur les efforts des acteurs locaux, des laboratoires et des Groupements de défense sanitaire.
Prévention et recommandations
Aucune vaccination contre le virus n'est disponible, et le ministère de l’Agriculture assure que le virus n'est pas transmissible à l'homme. Les éleveurs sont encouragés à limiter l'exposition de leurs animaux aux moucherons en évitant les eaux stagnantes et en maintenant les effluents d'élevage éloignés des animaux. En cas de symptômes comme la fièvre, la diarrhée ou une baisse de production, il est conseillé de consulter un vétérinaire.
Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre ce virus et ses conséquences à long terme sur la santé animale et la production laitière. La vigilance reste de mise pour les éleveurs normands face à cette nouvelle menace sanitaire.


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