Publication le 27 juillet 2026 · Mis à jour le mercredi 29 juillet 2026 dans la rubrique Paris
Deux baies vitrées de la tour Montparnasse tombent dans la rue du Départ, sans blessés
Des vitres pleuvent sur le quartier Montparnasse
Dimanche après-midi, la rue du Départ a connu un drôle de spectacle. Des éclats de verre ont plu du ciel. Deux baies vitrées de la tour Montparnasse venaient de céder. L’une s’est écrasée depuis un étage élevé, l’autre depuis un niveau intermédiaire. Personne n’a été blessé. Mais la frayeur, elle, colle au bitume.
Lundi matin, des débris jonchaient encore le trottoir. Les pompiers sont intervenus pour sécuriser d’autres vitres menaçantes. « Il y a une vitre là-haut qui est tombée. On a dû fermer le restaurant », raconte Elisa Ordonneau, employée du « Les Fauves », juste en face. « J’entendais des gens hurler : “Ça nous tombe dessus !” Tout le monde s’est regroupé », ajoute Mathéo, qui travaille sur l’esplanade devant la gare. Un riverain résume le sentiment général : « Étant donné la quantité de monde qui passe chaque jour devant le bâtiment, oui, c’est inquiétant. » Une passante, elle, ne mâche pas ses mots : « Dorénavant, je passerai loin de la tour. »
Un phénomène qui se répète
Ce n’est pas un accident isolé. « C’est la troisième fois en six mois ! Ça arrive tout le temps en fait », lâche Martine (prénom modifié), qui travaille en face de la tour. Les chutes de vitres deviennent une habitude dangereuse. D’abord une fenêtre du 20e étage a lâché quelques heures avant l’incident principal. Puis, vers 17 heures, une vitre de l’avant-dernier étage s’est fracassée 200 mètres plus bas. Deux épisodes le même jour, sur des niveaux différents. Les pompiers ont dû déposer d’autres baies vitrées menaçant de tomber. Un vrai travail de colmatage.
La tour Montparnasse, ouverte en 1973, n’a jamais été rajeunie. Ses 209 mètres et ses 59 étages accueillaient jusqu’à récemment plus d’un million de visiteurs par an. Aujourd’hui, elle est fermée au public. Le bâtiment de 120 000 mètres carrés montre son âge. Les vitres qui tombent ne sont qu’un symptôme. Un riverain le dit sans détour : « Qui ne trouverait pas ça sidérant ? »
Une rénovation estimée à 800 millions d’euros
L’incident relance un vieux débat : celui de la rénovation de la tour. Les travaux ont été chiffrés à 800 millions d’euros. Un montant colossal. Mais face à la vétusté et aux risques, l’urgence se fait sentir. Les témoins ne cachent pas leur crainte : « On a des bouts de verre partout, sur la route aussi », décrit Elisa Ordonneau. « C’est la troisième fois en six mois », insiste Martine. La répétition des chutes transforme l’inquiétude en colère.
Le bâtiment, symbole du quartier, est aujourd’hui un chantier permanent. Les autorités ont déjà fermé l’accès au public. Mais les chutes de vitres montrent que les problèmes ne se limitent pas aux étages ouverts. Les passants, les employés des commerces alentour, les voyageurs de la gare : tous sont exposés. « Les pompiers et la police ont dû intervenir, on a dû fermer le restaurant », raconte Elisa. Une désorganisation qui pèse sur la vie du quartier.
La question n’est plus de savoir s’il faut rénover, mais quand. Les 800 millions d’euros annoncés semblent le prix à payer pour éviter un drame. Car si personne n’a été blessé dimanche, la chance peut tourner. Les riverains le savent : ils marchent, travaillent, vivent au pied d’une tour qui laisse tomber ses vitres. Et ça, personne ne l’accepte plus.


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