Publié le vendredi 10 juillet 2026 dans la rubrique Paris
Féminicide à Montreuil : un mari accusé de meurtre avec préméditation
Une peine de 27 ans de réclusion criminelle a été requise jeudi par l’avocate générale à l’encontre de Lakhdar Matoug, accusé du meurtre de sa femme, Assia. Ce féminicide a eu lieu à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, et s'est soldé par un acte macabre, son cadavre ayant été découpé et dispersé dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris. Les proches de la victime ont rapporté qu’elle avait évoqué le divorce, un élément qui pourrait avoir été déterminant dans le drame.
Des audiences troublantes
Durant quatre jours, la cour d’assises de Paris a tenté de comprendre les circonstances qui ont poussé un homme apparemment ordinaire à commettre un acte aussi horrible. Lakhdar Matoug, décrit comme un « travailleur » menant une vie normale, a strangulé son épouse dans un moment de violence. Ce passage à l’acte a été qualifié par l’avocate générale de « moment extraordinaire », contrastant avec la banalité de leur existence.
Les circonstances du crime
Les restes de la victime ont été retrouvés dans des sacs et le tronc a été localisé dans un terrain vague à Bobigny, grâce aux indications de l’accusé, qui a avoué son crime après son arrestation, deux semaines plus tard. L’avocate générale, Sylvie Kachaner, a souligné que la victime n’était pas seulement une femme ayant subi un acte isolé de violence. Elle était, selon elle, « une femme en souffrance depuis plusieurs mois », vivant dans un contexte de tensions croissantes au sein du couple.
Une relation en décomposition
Le couple, endetté et en proie à des difficultés personnelles, avait vu la communication s’effondrer. Lakhdar et Assia Matoug ne se parlaient plus, ou cela se faisait uniquement par messages. Cette situation a été comparée par l’avocate générale à une scène du film « Le Chat », où les protagonistes vivent un huis clos pesant, sans échange véritable. Bien que les témoins aient affirmé qu’Assia n’avait jamais été victime de violences physiques, l’accusation fait valoir que le manque de communication est une forme de maltraitance psychologique.
Le passage à l'acte
Le 30 janvier 2023, après une dispute, Lakhdar Matoug a strangulé sa femme. Les légistes ont indiqué que ce type d’acte n’est fatal qu’après plusieurs minutes, contredisant la version de l’accusé qui parlait de quelques secondes. L’avocate générale a insisté sur l'intention homicide, évoquant des paroles de la victime exprimant sa douleur : « Aïe, aïe, tu me fais mal. » Malgré cela, il a continué son acte.
Les conséquences psychologiques pour les enfants
Après le meurtre, Lakhdar Matoug a tenté de dissimuler son crime en organisant une soirée avec ses enfants, prétendant que leur mère était simplement fatiguée. Cette manipulation a eu des conséquences dramatiques pour les enfants, qui garderont en mémoire l’image de leur mère découpée. L’avocate des enfants, Me Manuela Lalot, a qualifié cela de « destruction psychologique massive ».
Un plan macabre
Le lendemain du meurtre, l'accusé a acheté une meuleuse pour découper le corps. L’avocate générale a remis en question la notion de déréalisation ou de dissociation psychique, soulignant que Lakhdar Matoug était parfaitement conscient de ses actes. Ses allers-retours entre Montreuil et les Buttes-Chaumont, ainsi que l’envoi d’un message à sa femme, témoignent d’une lucidité étrangement présente.
Les plaidoiries de la défense et le verdict final sont attendus vendredi, laissant planer une attente pesante sur cette affaire tragique, symbole d'une violence domestique insupportable.


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