Publié le vendredi 10 juillet 2026 dans la rubrique Paris
Hommage à Alfred Dreyfus : une commémoration nationale contre l'antisémitisme
Paris (1er arrondissement). Ce dimanche 12 juillet, la nation rend hommage à Alfred Dreyfus sur l'île de la Cité. Emmanuel Macron et le maire de Paris Emmanuel Grégoire assisteront à la cérémonie, 120 ans après la réhabilitation du capitaine par la Cour de cassation.
Une commémoration nationale contre l'antisémitisme
Le président a instauré cette journée nationale pour célébrer ce qu'il qualifie de « victoire de la justice et de la vérité contre la haine et l'antisémitisme ». Elle sera renouvelée chaque année et déclinée dans les départements, précise l'Élysée. L'Affaire Dreyfus a divisé l'opinion française plus de dix ans, mêlant antisémitisme et conspiration politico-militaire.
Le capitaine Dreyfus, accusé de haute trahison et d'espionnage pour le compte de l'Allemagne, a été arrêté en 1894. Il a connu deux procès, la prison et plus de quatre ans de bagne sur l'île du Diable en Guyane. Le 12 juillet 1906, la Cour de cassation a mis fin à l'Affaire.
Une statue enfin à sa place
Emmanuel Macron prendra la parole vers 13 heures, près de la Cour de cassation. Une statue représentant le capitaine Dreyfus dégradé dans la cour de l'École militaire en 1895 sera érigée à cet endroit. Commandée au sculpteur Tim par François Mitterrand et Jack Lang dans les années 1984-1985, cette œuvre a connu « divers emplacements qui ne satisfaisaient personne ». Le lieu actuel répond « aux vœux de la famille, partagés par la mairie de Paris et le président de la République », indique l'Élysée.
Charles Dreyfus, dernier témoin
Charles Dreyfus, 98 ans, s'exprimera en premier. Petit-fils d'Alfred Dreyfus, il est la dernière personne vivante à l'avoir connu, avant sa mort en 1935. Le maire de Paris et le chef de l'État prendront la parole après lui.
Cette journée honore aussi les « dreyfusards », ceux qui ont lutté pour l'innocence du capitaine : le colonel Marie-Georges Picquart, Émile Zola, Anatole France. Le président annoncera une « initiative rendant hommage à tous ceux qui se sont inscrits dans le chemin ouvert par les dreyfusards » contre l'antisémitisme, « un combat qui demeure hélas d'actualité », souligne l'Élysée.
« Il n'est pas insensible au fait que la problématique que pose l'affaire Dreyfus demeure d'actualité, que le combat pour qu'en République triomphent systématiquement justice et vérité est un combat permanent », insiste la présidence. « Il ne faut jamais relâcher la tension là-dessus. »
Pas de panthéonisation, mais une reconnaissance militaire
Emmanuel Macron n'a pas cédé aux appels pour une panthéonisation d'Alfred Dreyfus, ni pour ce 120e anniversaire, ni pour les 90 ans de sa mort, le 12 juillet 1935. En revanche, la cérémonie « s'inscrit » dans « l'élévation d'Alfred Dreyfus au grade de général de brigade », votée par le Parlement l'année dernière. Après sa réhabilitation, Dreyfus, réintégré comme commandant, avait demandé une revalorisation de carrière pour ses années perdues au bagne. Sans succès. Il quitta l'armée en 1907, avant de servir à nouveau durant la Première Guerre mondiale.


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