Publié le jeudi 09 juillet 2026 dans la rubrique Paris
Paris : Le NPP demande des mesures urgentes contre la chaleur dans les écoles
Des températures record dans les classes des écoles publiques de Paris ont incité le groupe Nouveau Paris Populaire (NPP) à agir. Le 8 juillet, Sophia Chikirou et Émile Meunier, coprésidents du groupe, accompagnés de Rodrigo Arenas, ont adressé une mise en demeure au maire, Emmanuel Grégoire. Ils lui demandent de publier, dans un délai de deux mois, un plan de rénovation thermique chiffré pour les 620 établissements scolaires parisiens. En l'absence de réponse, le groupe menace de saisir le tribunal administratif.
Une canicule historique révélatrice
La canicule de juin 2026, la plus intense jamais enregistrée en France pour ce mois, a exacerbé les problèmes de chaleur dans les salles de classe. Les températures à l'intérieur des bâtiments ont fréquemment dépassé celles à l'extérieur, atteignant officiellement entre 32 et 39 °C, avec des cas de malaises chez les élèves. Des établissements ont même dû fermer pendant plusieurs jours, entraînant la délocalisation d’élèves vers des musées climatisés.
Des mesures d'urgence insuffisantes
Face à cette crise, la Ville de Paris a réagi en achetant 1 200 climatiseurs mobiles, mais seulement 150 avaient été livrés au début de la canicule. Les enseignants ont exprimé leur inquiétude, certains menaçant d'exercer leur droit de retrait lors des examens du brevet. Les élus du NPP pointent du doigt une gestion inadéquate, dénonçant une inaction prolongée face à des problèmes connus depuis des décennies.
Vingt ans de négligence
Émile Meunier a affirmé que la situation actuelle n’est pas une surprise. Les vulnérabilités des écoles face à la chaleur sont documentées depuis 2007, mais aucune réponse concrète n’a été mise en place. « Vingt ans de diagnostics, zéro programmation », a-t-il déclaré, soulignant que les autorités sont conscientes des températures extrêmes, mais restent muettes sur les solutions à apporter.
Des budgets en baisse
La mise en demeure se base sur des rapports récents, dont celui de la chambre régionale des comptes d’Île-de-France, qui souligne l'absence de plan de rénovation. Les budgets consacrés à l'équipement des écoles ont chuté de 21 % entre 2019 et 2023, et les fonds alloués aux travaux de rénovation énergétique ont été divisés par cinq depuis 2017. Les rénovations effectuées ne répondent pas aux besoins estivaux, se concentrant plutôt sur des économies de chauffage en hiver.
Une réponse tardive et insuffisante
Le NPP a contesté les chiffres avancés par la Ville, qui prétend avoir rénové 200 écoles, arguant qu'il s'agit d'améliorations énergétiques hivernales, sans rapport avec la gestion de la chaleur estivale. Le groupe insiste sur le fait que la hausse de la taxe foncière en 2023 aurait pu financer ces rénovations, car elle rapporte en une année six fois plus que ce qui a été alloué en neuf ans.
Engagements du maire et limites budgétaires
Emmanuel Grégoire a reconnu que la stratégie de rénovation de toutes les écoles d’ici 2050 était trop lente. Il a promis des solutions plus efficaces d’ici un an, tout en avouant que les ressources financières et humaines pour mener à bien ces travaux manquent cruellement. La Ville de Paris n’a pas encore répondu aux sollicitations concernant cette mise en demeure, laissant planer une incertitude sur les prochaines étapes à suivre.


Laisser un commentaire
Votre commentaire sera vérifié avant sa publication.