Publié le jeudi 18 juin 2026 dans la rubrique Paris
Le parquet de Paris fait appel de la relaxe d'un animateur accusé de violences sur mineurs
Le parquet de Paris a annoncé ce mercredi avoir fait appel de la relaxe de Nicolas G., ancien animateur de l’école Titon, dans le XIe arrondissement. Le tribunal correctionnel l’avait acquitté mardi des accusations de harcèlements et d’agressions sexuelles sur mineurs.
Un contexte tendu dans le périscolaire parisien
Cette affaire est la première à être jugée depuis la multiplication des signalements de violences dans les activités périscolaires de la capitale. Selon un bilan officiel, 132 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes depuis le début de l’année 2026. Sur ce total, 52 cas concernent des suspicions de violences sexuelles.
Des surnoms et des gestes déplacés
Lors de l’audience du 5 mai, tenue à huis clos, le procureur avait requis 18 mois de prison avec sursis contre Nicolas G. L’accusation décrivait un animateur qui surnommait certains enfants « la plus belle », « mon cœur », « la délicieuse », « mon bébé d’amour », « mon chaton » ou « mon trésor ». Il leur imposait de longs câlins, racontait des histoires de viol, prenait une élève sur ses genoux, touchait la poitrine d’une autre. « Je te ferais des bisous partout si je pouvais », avait-il lancé à une fillette, selon les témoignages rapportés par les parents.
Les magistrats ont considéré que ces agissements n’étaient pas « constitutifs d’une infraction pénale ». Dans leur jugement, ils reconnaissent un comportement « inapproprié », « en décalage avec le positionnement attendu dans le contexte de l’animation scolaire ». Mais ils estiment que l’enquête n’a pas démontré un caractère humiliant ou dégradant. Ils ajoutent que les troubles psychologiques signalés par certains parents pourraient davantage résulter du retentissement médiatique de l’affaire que des actes de l’animateur. Selon le tribunal, Nicolas G. aurait dû faire l’objet de rappels à l’ordre et d’une formation, mais pas d’une condamnation pénale.
Colère et incompréhension des parties civiles
Me Julie Chalumeau, avocate de cinq familles, estime que « le comportement allait au-delà du comportement inapproprié ». Elle parle d’une « grande incompréhension » face à cette décision. Pénélope Poncelet, mère de l’une des enfants, se dit « indignée et en colère ». Elle dénonce « la lâcheté systémique d’institutions et de tribunaux d’une indulgence coupable ».
Jean Sannier, avocat de l’association Innocence en Danger, invité ce jeudi sur Europe 1, exprime sa « consternation ». « On ne peut pas se satisfaire d’un jugement qui dit aux enfants je te crois mais je te protège pas. Une justice qui ne protège plus ses enfants est une justice déjà morte », a-t-il déclaré.
Un animateur suspendu depuis octobre 2024
Nicolas G. avait été suspendu de ses fonctions en octobre 2024. Il était placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès. La relaxe prononcée mardi a été suivie d’un appel immédiat du parquet. L’affaire sera donc rejugée devant la cour d’appel.


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