Publication le 17 juillet 2026 · Mis à jour le dimanche 19 juillet 2026 dans la rubrique Paris
Plainte pour diffamation contre Rachida Dati suite à ses tweets sur le périscolaire
Plainte votée au Conseil de Paris : Rachida Dati visée pour ses tweets sur l'affaire du périscolaire
Le Conseil de Paris a autorisé vendredi 17 juillet le dépôt d'une plainte pour diffamation contre Rachida Dati. La maire du 7e arrondissement est accusée d'avoir mis en cause la responsabilité de la Ville dans le scandale du périscolaire scolaire. La décision a été prise à 82 voix pour et 53 contre.
Cette plainte avec constitution de partie civile vise trois publications de Rachida Dati sur le réseau social X, diffusées entre le 18 et le 26 mai 2026. L'élue d'opposition y dénonce une gestion qu'elle juge coupable de la part de la majorité municipale.
Des accusations qui valent à Rachida Dati une plainte
Le 18 mai, Rachida Dati affirmait sur X que la mairie portait « la responsabilité exclusive du recrutement des agents du périscolaire » et ne pouvait « s'exonérer de cette responsabilité, y compris pénale ». Elle ajoutait : « Depuis 2015, Emmanuel Grégoire savait, sur signalement de Jean-Pierre Lecoq [le maire LR du 6e arrondissement], et en dix ans rien n'a été fait ! »
Huit jours plus tard, le 26 mai, elle enfonçait le clou. « L'équipe d'Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire a déplacé, en connaissance de cause, des prédateurs sexuels d'une école à une autre sans jamais saisir la justice », écrivait-elle.
Ces déclarations ont poussé le Conseil de Paris à réagir. La délibération votée vendredi estime que ces propos « portent manifestement atteinte à l'honneur et à la considération de la Ville de Paris, en la présentant comme ayant sciemment favorisé la perpétuation d'infractions sexuelles et organisé leur dissimulation ».
Le texte autorise le maire PS Emmanuel Grégoire à porter plainte au nom de la Ville, à la fois pour diffamation publique envers un corps constitué. Selon l'entourage du maire, la procédure est engagée.
Un vote serré et des accusations de « procédure-bâillon »
L'opposition municipale n'a pas mâché ses mots. Pendant les débats, les élus de droite ont dénoncé une « procédure-bâillon » visant à faire taire Rachida Dati. Ils ont aussi fustigé le coût d'une telle action en justice, sans que les détails financiers soient précisés.
Emmanuel Grégoire et Rachida Dati étaient absents lors des discussions, comme l'exige le règlement du Conseil de Paris. Le vote a été acquis à 82 voix contre 53. Un écart significatif mais qui montre des résistances au sein de l'assemblée.
Rappelons le contexte. L'affaire du périscolaire secoue Paris depuis le début de l'année. Des révélations ont mis en lumière des suspicions de recrutement d'agents impliqués dans des faits de prédation sexuelle. La question de la responsabilité de la Ville dans ces embauches et dans les mutations d'agents d'une école à l'autre est au cœur des accusations de Rachida Dati.
De son côté, la majorité municipale défend sa gestion. Elle affirme avoir agi conformément aux procédures. La plainte pour diffamation vise à laver l'honneur de la collectivité, selon ses partisans.
Cette affaire s'ajoute à une longue liste de tensions entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati. Les deux élus s'étaient affrontés lors des municipales de mars 2026. La candidate de droite avait été battue. Depuis, les passes d'armes sur les réseaux sociaux et dans les instances parisiennes sont fréquentes.
Le dépôt officiel de la plainte devrait intervenir dans les prochains jours. Rachida Dati n'a pas encore réagi publiquement à cette décision. L'affaire pourrait connaître un rebondissement judiciaire dans les semaines à venir.
Une chose est sûre : ce scandale du périscolaire continue de diviser profondément les élus parisiens, bien au-delà des simples querelles politiques. La recherche de responsabilités et la question des protections accordées aux enfants restent au centre des préoccupations des familles parisiennes.


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