Publié le mardi 09 juin 2026 dans la rubrique Paris
Paris : le directeur du célèbre théâtre La Scala s’excuse après un discours anti-Netanyahou devant des lycéens
Le directeur du théâtre parisien La Scala, Frédéric Biessy, présente ses excuses après avoir tenu des propos virulents contre Donald Trump et Benyamin Netanyahou devant des lycéens, dont des élèves d’un établissement juif sous contrat. La scène s’est déroulée jeudi dernier dans le cadre du programme Scala-Région Île-de-France.
Un discours inaugural qui dérape
Devant des classes de première du lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et de l’Alliance israélite universelle des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Frédéric Biessy a prononcé un discours sur le thème « Femmes, scène, liberté ». Il a d’abord fait référence à l’Iran, puis a glissé vers une charge géopolitique. Selon une transcription consultée par Le Parisien, il a qualifié Donald Trump d’« abruti », Vladimir Poutine de « grand dingue » et Benyamin Netanyahou de « non moins taré », les accusant d’avoir « mis la terre à feu et à sang » et provoqué une « suppression de la parole libre ».
Le directeur a également visé Vincent Bolloré, évoquant un « rétrécissement de la liberté d’expression réelle, profonde ». Des propos tenus sans filtre, devant un public adolescent.
La lettre d’excuses de Frédéric Biessy
Dans un courrier daté de lundi, adressé aux élèves, aux parents et aux professeurs, le directeur de La Scala reconnaît son erreur. Il écrit avoir « inscrit cette réflexion dans un registre géopolitique critiquant nommément certains responsables de la scène internationale, comme Donald Trump ou Benyamin Netanyahou ». Il ajoute : « Les propos politiques n’ont pas leur place devant des classes de première et je regrette les avoir tenus. »
Biessy dit comprendre que son discours « a pu choquer, blesser ou créer un malaise ». Il présente ses excuses, assurant que son intention « n’a jamais été de viser une religion ou une communauté ». Il précise que ses mots « n’étaient pas adaptés à ce contexte » et qu’il en assume la responsabilité.
Le Fonds social juif unifié dénonce des « propos inacceptables »
Le Fonds social juif unifié (FSJU), qui chapeaute le réseau des écoles juives de France, a réagi par un communiqué. Il exprime sa « profonde stupéfaction et sa vive émotion » après cet incident. Selon le FSJU, des élèves, notamment ceux de l’Alliance israélite universelle, « ont été confrontés à des propos et comportements inacceptables ».
L’organisation affirme que la journée a été « marquée par des propos et comportements ayant profondément choqué plusieurs élèves ». Elle souligne l’intervention immédiate des responsables éducatifs et des autorités compétentes, pointant directement « l’attitude de la direction » du théâtre.
Des invectives antisémites après le départ du directeur
Frédéric Biessy assure n’avoir pas assisté aux échanges qui ont suivi son départ. Il apprend qu’« des invectives à caractère antisémite avaient été échangées entre des élèves ». Il déclare : « Si j’avais été présent, je serais intervenu immédiatement. »
Il porte néanmoins « sa part de responsabilité, avec les encadrants, de ne pas avoir su apaiser la situation et empêcher les insultes qui ont manifestement été échangées ». Une reconnaissance qui n’efface pas le malaise laissé par cet épisode.
Les autorités académiques restent muettes
Contactés, ni le rectorat ni le ministère de l’Éducation nationale n’ont été en mesure de fournir des précisions dans l’immédiat. Aucune communication officielle n’a encore été faite sur d’éventuelles suites disciplinaires ou pédagogiques.
L’affaire continue de susciter des réactions dans les milieux éducatifs et associatifs, alors que le débat sur la liberté d’expression et ses limites en milieu scolaire reste vif.

