Publié le samedi 24 octobre 2026 dans la rubrique Strasbourg
Dans le cortège à Strasbourg, des vies bouleversées par la précarité et la peur du futur
Place du Maréchal de Lattre de Tassigny à Strasbourg, une foule déterminée s'est rassemblée malgré les intempéries et la menace de répression gouvernementale. Selon Laurent Feisthauer, secrétaire départemental de la CGT, entre 15 000 et 20 000 personnes ont répondu présent ce samedi 24 octobre. Les manifestants affichent une volonté claire de poursuivre et d'intensifier leur mobilisation.
Des témoignages poignants
Dio, une manifestante, partage son expérience personnelle. Atteinte d'une maladie rare, elle lutte contre une attente de deux ans pour consulter un spécialiste. Son témoignage sur les conditions d’hospitalisation est accablant : « Un seul ventilateur pour tout le service », dénonce-t-elle, appelant à ne pas laisser le service public se dégrader au risque de conséquences tragiques.
À quelques pas, Kamel, cariste magasinier de 63 ans, exprime sa colère face à la hausse des prix. Gagnant 1 500 euros nets par mois, il a dû renoncer à tout plaisir pour subvenir aux besoins de sa famille. « Je dépense tout en gazole pour aller travailler », dit-il, soulignant son amertume envers les politiciens qu'il accuse de mépriser le peuple.
Une mobilisation symbolique
Odette et Marie-Léone, vêtues de costumes inspirés des Servantes écarlates, critiquent le gouvernement d’Emmanuel Macron. Elles dénoncent la « volonté de contrôler le corps des femmes » et évoquent les violences policières, alimentant un climat de peur parmi les manifestants.
Christelle, contrôleuse à la SNCF et syndicaliste, met en lumière les dangers de la sous-traitance dans son secteur. « Les travailleurs précaires sont de plus en plus nombreux », explique-t-elle, pointant du doigt les conséquences dramatiques sur la santé des employés et le manque de soutien aux arrêts maladie.
Une jeunesse en détresse
Dans le cortège, Stéphanie exprime son inquiétude pour l'avenir de son fils. Elle évoque la montée des fascismes et les inégalités croissantes. « Les conditions d’apprentissage sont déplorables », s’inquiète-t-elle, décrivant une classe de 35 élèves où son fils est peu soutenu.
Yann, 18 ans et déscolarisé, témoigne des défaillances du système éducatif. « L’école a détruit ma vie », confie-t-il, évoquant le harcèlement subi sans aucune prise en charge. Sa phobie scolaire l’a contraint à abandonner ses études, et il doit maintenant chercher des petits boulots pour s’en sortir.
Racisme et inégalités
Salim, d’origine marocaine, fait face à un autre défi : le racisme. « Nous sommes souvent les boucs émissaires des problèmes de société », déplore-t-il, souhaitant vivre sans peur d'être contrôlé ou blessé par la police.
Vers une intensification de la mobilisation
À 16h, des milliers de manifestants se dirigent vers le quai des Bateliers, refusant le cloisonnement imposé par la préfecture. Des gaz lacrymogènes sont tirés pour disperser la foule, mais cela ne freine pas leur élan. Certains érigent des barricades, affirmant leur détermination à continuer la lutte.
Les gilets jaunes prévoient une nouvelle journée de mobilisation le 31 octobre, tandis que les syndicats annoncent une grève le 5 novembre. Les manifestants, galvanisés par leur unité, s’annoncent prêts à poursuivre leur combat pour des conditions de vie dignes et un avenir meilleur.


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