Publié le vendredi 24 juillet 2026 dans la rubrique Strasbourg
Des étudiants étrangers interdits de s’inscrire à l’Université de Strasbourg
Des étudiants étrangers font face à des restrictions sévères concernant leur inscription à l’Université de Strasbourg, située dans le Bas-Rhin. Selon Miaina, membre du syndicat Alternative Étudiante Strasbourg (AES), la situation a été révélée après l'échec d’une tentative de réinscription d'une étudiante. Depuis, quatre étudiants se retrouvent dans la même situation, tous interdits de s'inscrire en master pour l'année universitaire 2026/2027. Lors de leurs tentatives d'inscription, ils reçoivent un message automatique indiquant : « Vous êtes interdit d’inscription par l’université », les orientant vers l'assistance des inscriptions.
Motifs d'interdiction d'inscription
La Direction des études et de la scolarité de l'université justifie ces interdictions par des frais impayés liés à l’année universitaire précédente, 2025-2026. La loi française impose depuis la mise en œuvre du plan « Bienvenue en France » que les étudiants extra-européens acquittent des frais d'inscription de 3 941 euros pour un master, une somme considérable pour ceux venant de pays à faible niveau de vie. Bien que certaines universités aient la possibilité d'exonérer jusqu'à 10 % des étudiants, l’Université de Strasbourg a désinscrit plus d'une cinquantaine d'étudiants durant l'année universitaire précédente.
Conséquences pour les étudiants désinscrits
Les syndicats AES et Snesup-FSU s'alarment de ces désinscriptions, qui s'accompagnent d'interdictions pour l'année suivante. Miaina souligne que certains étudiants, malgré leur désinscription, ont réussi à obtenir des relevés de notes de leur responsable de master. La crainte est qu'une telle situation puisse mener à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) pour ces étudiants. Cette perspective génère une inquiétude croissante parmi les étudiants étrangers qui voient leur avenir en France compromis.
Réactions des syndicats
Pascal Maillard, membre du Snesup-FSU, insiste sur la gravité de la situation. Le syndicat a alerté les autorités compétentes sur le risque de départ forcé pour les étudiants concernés. Il a également inclus l'interdiction d'inscription dans un dossier adressé au défenseur des droits, déposé le 8 juillet 2026. Ce dossier vise à dénoncer une communication tardive et contradictoire sur les frais d’inscription et les exonérations, qui aurait piégé de nombreux étudiants étrangers.
Harcèlement financier et problème de légalité
Le Snesup-FSU qualifie cette situation de harcèlement financier ayant des effets discriminatoires. Les syndicats s'inquiètent également de la base légale incertaine du décret Baptiste du 19 mai 2026, qui restreint les exonérations de droits d’inscription et confie cette décision aux présidences d’université. Cette réforme soulève des questions sur l’équité et l’accessibilité de l’enseignement supérieur en France pour les étudiants internationaux.
Silence de l’Université de Strasbourg
Malgré les préoccupations soulevées, l’Université de Strasbourg n’a pas encore répondu aux questions posées par les journalistes concernant cette affaire. Le manque de communication et de transparence de la part de l’établissement alimente les inquiétudes des étudiants et des syndicats, qui cherchent à défendre leurs droits face à une situation de plus en plus préoccupante.


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