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Publié le vendredi 09 octobre 2026 dans la rubrique Strasbourg

Eurométropole : Irène Weiss saisit la justice après le rejet de sa motion par Catherine Trautmann

À Strasbourg, le climat politique se tend autour d’une motion écartée par la présidente de l’Eurométropole. Irène Weiss, conseillère municipale et eu

À Strasbourg, le climat politique se tend autour d’une motion écartée par la présidente de l’Eurométropole. Irène Weiss, conseillère municipale et eurométropolitaine, a décidé de saisir la justice suite au refus de Catherine Trautmann d’admettre sa proposition au sein du conseil. Cette situation met en lumière des tensions croissantes au sein de l'assemblée.

Le contenu de la motion

La motion, portée par le groupe « Union du centre, de la droite et de la société civile », visait à aborder les violences en marge des blocages de lycées qui ont eu lieu à partir du 29 septembre. Intitulée « Motion pour le soutien aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux personnels de l’éducation et aux agents de la CTS face aux violences liées aux blocages lycéens », elle appelait à un bilan des dégradations subies par le réseau de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). L’élue proposait également d’étudier la possibilité de suspendre la gratuité des transports pour les mineurs condamnés pour des actes de vandalisme.

Irène Weiss souhaitait également que les parents des mineurs impliqués assument leur responsabilité civile. Elle mettait en avant des constats des services de l’État, évoquant l’implication d’« extrêmes gauches » et de soutiens à La France insoumise dans ces événements violents.

Le rejet de la motion

Catherine Trautmann, présidente de l’Eurométropole, a jugé la motion irrecevable, la considérant sans rapport avec les compétences de l’assemblée. Dans une explication transmise à Irène Weiss, elle a confirmé que le texte ne serait pas débattu ni soumis au vote.

Pour Weiss, cette décision est inacceptable. Elle estime que le sujet est pertinent pour le territoire métropolitain et que le conseil aurait dû pouvoir en discuter. Elle a exprimé son mécontentement, arguant que si Trautmann était en désaccord, elle aurait dû exprimer son opinion par un vote.

Les tensions au sein du conseil

La situation a été exacerbée par des échanges tendus lors de la réunion des présidents de groupe. Au cours de cette réunion, Trautmann avait proposé de soumettre la motion à un vote, mais sans la lire ou l'expliquer. Cette approche a suscité l’opposition des élus, qui ont majoritairement voté contre.

Jean-Philippe Vetter, président du groupe d’Irène Weiss, a pointé du doigt la peur du débat au sein de l’assemblée. Selon lui, la suppression de la motion ne fait que masquer les divergences d’opinion au sein de la majorité. Il a souligné que cette absence de discussion donne l'illusion d'un consensus qui n'existe pas.

Les implications politiques

La majorité de Trautmann regroupe des élus de droite et du centre, qui auraient pu être mal à l'aise à l'idée de voter contre un texte qui condamne les violences et défend les agents publics. Plusieurs élus, y compris Florian Kobryn de La France insoumise, ont plaidé pour la possibilité de débattre, même s'ils n'étaient pas d'accord avec le contenu de la motion.

Un précédent inquiétant

Irène Weiss considère que le rejet de sa motion pourrait établir un précédent problématique. « Je ne souhaite pas que cette méthode visant à verrouiller tout débat devienne la règle dans notre assemblée », a-t-elle déclaré en justifiant son recours administratif.

Cette controverse survient peu après l'adoption d'un nouveau règlement intérieur pour le conseil municipal de Strasbourg. Les groupes d’opposition avaient quitté la séance, dénonçant une réduction de leurs capacités d’expression et de proposition. La majorité de Trautmann défend, quant à elle, une volonté de rendre les débats plus efficaces.

Un avenir incertain

À l’Eurométropole, le nouveau règlement intérieur impose également des restrictions sur le temps de parole et les textes déposés. L'instauration d'une commission permanente à huis clos soulève des inquiétudes quant à la transparence des débats futurs. La situation actuelle laisse entrevoir des tensions persistantes qui pourraient affecter le fonctionnement de l'assemblée dans les mois à venir.


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