Publié le mardi 28 juillet 2026 dans la rubrique Strasbourg
Justice à Strasbourg : le tribunal impose une réévaluation de la subvention du jardin d'enfants Steiner
Le tribunal administratif de Strasbourg a rendu une décision attendue par la directrice du jardin d’enfants Les Bons Amis, Sophie Laprie. Ce mardi matin, les magistrats ont ordonné la réévaluation de la subvention accordée à son établissement lors d’un prochain conseil municipal. La Ville a également été condamnée à verser 1 000 euros pour les frais de justice.
Contexte de la subvention
Le jardin d’enfants Les Bons Amis, qui applique les méthodes de la pédagogie Steiner, reçoit des subventions de la Ville depuis 2014, allant de 9 000 à 15 000 euros par an. L’arrêt de cette aide a des conséquences dramatiques, non seulement pour l’établissement, mais aussi pour les familles qui en bénéficient. En effet, la cessation des subventions entraîne également la suppression des aides de la CAF, représentant 40 % des revenus du jardin d’enfants. Ce coup dur a conduit à une forte baisse du nombre d’inscriptions, passant de 95 enfants prévus pour la rentrée de septembre 2026 à seulement 70.
Impact sur l’équipe et les familles
La suspension des subventions a également des répercussions sur le personnel du jardin. Sur les 19 employés, six n’ont pas été reconduits. Parmi eux, quatre attendaient des contrats à durée déterminée ou indéterminée que l’établissement n’a pas pu leur proposer en raison de la diminution des financements. Cette situation a plongé l'équipe dans une grande incertitude, affectant la stabilité de l'organisation.
Les raisons de la suspension
La suspension des subventions a été décidée en juin 2026 par la nouvelle municipalité dirigée par Catherine Trautmann, sans vote préalable du conseil municipal. Cette décision faisait suite à une plainte pour viol, déposée en mai 2025 par une ancienne élève, concernant des faits survenus en 2010. La Ville a justifié cette mesure par un principe de précaution, citant un contexte national de vigilance renforcée sur la protection des enfants dans les structures éducatives, en lien avec la loi Bétharram.
Contrôles éducatifs et doutes sur la légalité
La décision municipale a également été influencée par un contrôle de l’Éducation nationale réalisé à l’École Michaël, qui partage des méthodes pédagogiques avec Les Bons Amis. Ce contrôle a mis en lumière des manquements significatifs en matière de droit à l’éducation, entraînant une mise en demeure. La Ville a donc exprimé des préoccupations similaires concernant le jardin d’enfants, bien que ce dernier n’ait pas fait l’objet d’un contrôle direct.
Réaction du jardin d’enfants et avenir incertain
Le recours du jardin d’enfants a été traité en référé, une procédure d’urgence permettant de suspendre une décision administrative en cas de doute sur sa légalité. Le juge a reconnu que le conseil municipal était le seul compétent pour décider de la subvention, soulevant ainsi des doutes sérieux sur la légitimité de la décision de la Ville. L’avocat du jardin, Maître Vincent Brengarth, estime que cette décision judiciaire remet en question le pouvoir de la municipalité et appelle à un vote pour régulariser la situation.
Bien que la Ville ne soit pas contrainte de reprendre immédiatement les versements, la question sera soumise lors d’un prochain conseil municipal. Pour Sophie Laprie, cette décision est encourageante, même si elle reste prudente quant à l’avenir. La majorité socialiste pourrait facilement mettre fin à la subvention si elle le désirait.
Des enquêtes récentes de Rue89 Strasbourg et Mediapart sur des écoles Steiner ont mis en lumière des témoignages de violences éducatives, ce qui ajoute une couche de complexité à cette affaire. Les retombées de cette situation restent à suivre attentivement.


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