Publié le lundi 27 juillet 2026 dans la rubrique Strasbourg
Une jeune femme accuse le foyer Louise de Marillac à Saverne d'avoir toléré la présence de son agresseur
À Saverne, dans le Bas-Rhin, une jeune femme brise le silence après sept années passées dans les Maisons d'enfants Louise de Marillac. Pauline accuse la structure, gérée par la Fondation catholique Vincent de Paul, d'avoir toléré la présence de son frère malgré une plainte pour viol.
Un pavillon à Saverne, une vingtaine de mineurs
L'établissement compte cinq pavillons répartis dans tout le Bas-Rhin. Pauline a grandi dans l'un d'eux, à Saverne. Une vingtaine de jeunes placés y cohabitent. Elle y est restée jusqu'en juin dernier. Aujourd'hui, elle raconte un quotidien marqué par la solitude. « Ce qu'il nous faut, en tant que jeunes placés, c'est sentir un peu d'attention d'un adulte », confie-t-elle.
Un frère dont la présence est tolérée
Depuis début 2025, Pauline affirme avoir subi un viol. L'Aide sociale à l'enfance a demandé que les deux frère et sœur ne soient plus en contact. Pauline a porté plainte. « Il est majeur maintenant, il a son logement, mais il continue à venir au pavillon », explique-t-elle.
Elle décrit des scènes répétées. Quand elle croisait son frère, elle se sentait déstabilisée, ne se sentait pas bien. « Je disais aux éducateurs qu'il n'était pas censé être là mais ils ne réagissaient pas », raconte-t-elle. Il tentait de l'humilier, lui demandait de retirer sa plainte. « Moi je sortais de la pièce et je m'enfermais dans ma chambre. »
Des signalements ignorés par la hiérarchie
Des travailleurs sociaux confirment. Plusieurs témoignages concordent. Malgré les demandes de Pauline et de certains employés, les encadrants et la direction ont continué à tolérer la présence du frère. « Le problème n'a jamais été réglé et c'est finalement Pauline qui est partie », déplore une éducatrice.
La jeune femme a fini par quitter le pavillon de Saverne. La structure n'a pas répondu aux sollicitations de Rue89 Strasbourg. L'affaire pose des questions sur la gestion des violences et des conflits familiaux au sein des foyers d'accueil. Pour les éducateurs sur le terrain, le message est clair : les alertes répétées n'ont pas été entendues.


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