Publié le mardi 09 juin 2026 dans la rubrique Strasbourg
Strasbourg met fin aux subventions pour l'école Michaël et Les Bons Amis
Strasbourg, dans le Bas-Rhin. La municipalité socialiste a annoncé vendredi 5 juin la fin des subventions versées à deux établissements du mouvement anthroposophe : l'école Michaël et le jardin d'enfants Les Bons Amis. Ces deux structures appliquent la pédagogie Steiner-Waldorf.
Une décision municipale justifiée par un contrôle
La ville justifie ce choix par les résultats d'un contrôle mené par l'Éducation nationale en 2025. Dans un communiqué, elle évoque « des manquements importants » concernant le droit à l'éducation. Les situations d'apprentissage observées ne permettraient pas « l'acquisition progressive des connaissances et compétences du socle commun ». Des problèmes de sécurité ont aussi été relevés.
La municipalité précise que ces établissements étaient déjà sous le coup d'une mise en demeure datant de la précédente mandature. Elle invoque la « loi Betharram », adoptée en janvier 2026, et mentionne une affaire de viol au jardin d'enfants Les Bons Amis, qui remonte à 2010.
La réponse des établissements concernés
Les deux structures ont réagi par un communiqué commun. Elles affirment que « la plainte déposée en mai 2025 par la victime n'est pas dirigée contre la structure ». Et précisent qu'« à ce jour, aucune plainte n'a été engagée contre le Jardin d'enfants ».
La somme en jeu n'est pas négligeable : 18 282 euros de subvention municipale. Pour l'école Michaël, pas de menace directe sur sa survie financière. En revanche, le jardin d'enfants Les Bons Amis voit les choses autrement. Selon son communiqué, « cette décision remet en cause l'agrément nécessaire à son fonctionnement, ce qui pourrait engendrer la fermeture de l'établissement ».
Une contestation sur la légalité et l'égalité de traitement
Maud Germani et Ethan Belle, les présidents des deux établissements, ne mâchent pas leurs mots. « Nous contestons fermement la légalité de cette décision municipale et y voyons une rupture d'égalité de traitement », écrivent-ils. Pour appuyer leur argumentation, ils avancent des chiffres : une étude menée sur 33 des 36 élèves ayant quitté l'école Michaël en juin 2024 montre que plus de 60 % d'entre eux ont obtenu les félicitations du conseil de classe dès leur premier trimestre d'intégration dans un autre établissement.
Sur la question de la sécurité, ils rappellent que « le dernier avis favorable de la commission de sécurité date du 27 mars 2026 ». Un élément qui contredit directement les insuffisances pointées par la ville.
L'avenir incertain des 101 enfants accueillis
Les Bons Amis accueillent 101 enfants. Les présidents des établissements s'interrogent sur leur avenir, alors que « le secteur est déjà saturé ». De son côté, la Ville de Strasbourg assure qu'elle se « met à disposition des familles concernées ».
Des enquêtes récentes de Rue89 Strasbourg et Mediapart ont donné la parole à des témoins évoquant des violences éducatives et des pratiques ésotériques dans certaines écoles Steiner, notamment celle de Colmar. Des éléments qui, sans être directement liés à la décision municipale, participent au contexte général dans lequel elle intervient.

