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Women empowerment Four women working in a business meeting in a cafe coffee shop
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Publié le vendredi 14 août 2026 dans la rubrique Suisse

"Avoir un poste à responsabilités ne met pas les femmes à l'abri de la discrimination"

À Genève, Sophie Dubuis incarne la lutte contre la discrimination dont souffrent encore les femmes dans le monde du travail. Présidente de Migros Genève et

À Genève, Sophie Dubuis incarne la lutte contre la discrimination dont souffrent encore les femmes dans le monde du travail. Présidente de Migros Genève et vice-présidente de l'Union patronale suisse, elle a récemment été honorée par les Swiss Who's Who Women Award, où elle a reçu le Prix du jury pour son parcours exemplaire en tant que femme dirigeante.

À presque 52 ans, Sophie Dubuis partage son expérience marquée par des défis liés à son genre. Elle évoque des moments où, malgré ses compétences, elle n’a pas été choisie pour un poste en raison de préjugés concernant son avenir familial. "J'ai parfois dû répéter trois fois certaines choses, ou trouver d'autres chemins parce que je suis une femme", confie-t-elle. Son témoignage illustre que même avec des responsabilités élevées, la discrimination persiste.

Un parcours semé d'embûches

Le parcours professionnel de Sophie Dubuis n’a pas été sans sacrifices. Elle souligne les "mauvais moments" qu'elle a rencontrés, notamment lorsque ses compétences étaient remises en question au profit de stéréotypes de genre. "Des moments où vous êtes la responsable et que l'on vous demande de faire des tâches qui ne vous incombent pas", déplore-t-elle.

Un constat alarmant

Malgré des avancées, la représentation des femmes aux postes de responsabilité reste insuffisante. Selon le rapport Schilling, en 2026, seulement 30 % des conseils d'administration des 100 plus grandes entreprises suisses seront composés de femmes, et seulement 12 % des postes de présidence et de direction générale sont occupés par des femmes.

Le syndrome de l'imposteur

Pour Sophie Dubuis, ce déséquilibre s’explique en partie par un phénomène courant chez les femmes : le syndrome de l'imposteur. Elle constate qu'une femme hésitera à postuler à un emploi si elle ne possède pas 90 % des compétences demandées, tandis qu'un homme se sentira confiant même avec 60 ou 70 %. "C'est un frein qui doit être surmonté", affirme-t-elle.

Réformer les processus de sélection

Pour encourager les femmes à postuler, Sophie Dubuis insiste sur la nécessité de réévaluer les critères de sélection. Les responsables du recrutement doivent être formés à la question de l'égalité des sexes. Son expérience au sein de l'Union patronale suisse, où elle fait partie de quatre femmes sur 18 membres, montre l'importance de cette prise de conscience.

Favoriser des mesures temporaires

Elle propose également des mesures temporaires, comme des quotas, pour accélérer le changement des mentalités. Elle cite l'exemple du Parti socialiste, qui a instauré des listes paritaires, devenues aujourd'hui une norme. "Cela a fonctionné et pourrait être une solution pour d'autres secteurs", conclut-elle.


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