Publié le samedi 23 mai 2026 dans la rubrique Suisse
Critiques du DFAE après le retour des membres suisses de la flottille pour Gaza, entre épuisement et blessures signalées
Samedi après-midi, à leur retour en Suisse, sept des huit membres helvétiques de la flottille récente pour Gaza ont été chaleureusement accueillis par leurs proches et soutiens, à Genève. Leur avocate, Claire Dechamboux, a exprimé une profonde inquiétude concernant leur état physique et psychologique, dans une interview à l'émission Forum. Bien que leurs conditions physiques soient globalement acceptables, elle a signalé un épuisement émotionnel palpable parmi les militants. "Ils tremblent et montrent des signes d'avoir vécu des moments éprouvants", a-t-elle détaillé.
État de santé des militants
Claire Dechamboux, également coordinatrice légale du groupe de soutien, a choisi de ne pas révéler tous les détails sur la santé des participants afin de les protéger des traumatismes récents. Toutefois, elle a précisé que certains avaient des blessures physiques significatives, nécessitant des accueils délicats et prudents, notamment des douleurs aux côtes.
Examens médicaux et futurs recours
Dès leur retour, les militants doivent passer des examens médicaux et psychologiques au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Une permanence médicale a été mise en place pour cette situation. Les documents médicaux résultants pourraient s’avérer cruciaux pour des démarches judiciaires futures, a indiqué l’avocate.
Réaction du DFAE
Interrogée par la RTS, Claire Dechamboux a critiqué la réaction du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) concernant l'arrestation de citoyens suisses dans les eaux internationales. Les membres de la flottille, qui rassemblaient plus de 400 activistes, ont dénoncé des violences, que ce soit physiques ou psychologiques, signalant des cas d’agressions violentes et même de traitements humiliants.
Témoignages accablants
Les militants ont apporté des témoignages concordants sur les violences subies, dont certains sont documentés par des vidéos. L'avocate a évoqué une situation où les violences étaient prouvables grâce à ces enregistrements, notamment des images diffusées par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui ont causé un grand émoi.
Réunions diplomatiques
Selon des sources fiables, la cheffe de la division Moyen-Orient au DFAE, Monika Schmutz Kirgöz, a convoqué l’ambassadeur israélien à Berne, Tibor Schlosser, pour aborder les griefs de la Suisse à l'encontre de la conduite israélienne. Claire Dechamboux n’a pas eu accès aux détails de la discussion, mais elle a constaté que la Suisse n'a commencé à agir qu'après la diffusion des vidéos, malgré des précédentes allégations de mauvais traitements subis par les membres de la flottille.
Critiques sur la gestion du DFAE
Elle a également souligné que le DFAE avait clairement signifié son intention de ne pas intervenir lors des récentes captures. "Le DFAE a fait un choix très clair de ne pas agir", a-t-elle déploré. Elle a également mentionné que les familles des militants avaient été invitées à assumer financièrement l’aide nécessaire pour leurs proches, ce qui est difficile à accepter dans des situations potentielles de torture.
Obligations internationales de la Suisse
Claire Dechamboux a conclu en rappelant les responsabilités internationales de la Suisse, pointant que le pays semble ne pas donner la priorité à la protection de la vie et de l’intégrité physique de ses ressortissants dans ces affaires. Les critiques à l'encontre de la Confédération continuent d'émerger, alors que la situation des militants reste préoccupante.

