Publié le vendredi 25 septembre 2026 dans la rubrique Suisse
Faut-il amnistier les fraudeurs du Covid? Le débat politique s'anime
Dans la région de Genève, le débat sur l'amnistie des fraudeurs liés aux certificats Covid et aux mesures sanitaires refait surface. Cette question a été ravivée par les récentes révélations de personnalités sportives, telles que Granit Xhaka et Breel Embolo, qui ont admis avoir utilisé de faux certificats de vaccination.
Une proposition d'amnistie controversée
Andreas Glarner, conseiller national UDC, a formulé une demande d'amnistie pour les individus ayant obtenu, délivré ou utilisé des certificats de vaccination falsifiés ou des dérogations au port du masque. Glarner plaide pour l'abandon des poursuites en cours et des sanctions déjà prononcées, arguant que ces personnes étaient confrontées à un dilemme moral à l'époque de la pandémie.
Il souligne que beaucoup ont agi par nécessité, sans alternatives. Cette proposition d'amnistie comporte cependant des nuances : les cas où d'autres infractions sont en jeu, ou ceux ayant entraîné des préjudices pour des tiers, ne seraient pas éligibles.
Des chiffres inquiétants
La portée de cette amnistie potentielle reste floue. À Genève, le Ministère public a déjà rendu 450 ordonnances pénales pour l'achat de certificats Covid frauduleux, mais le nombre total de personnes concernées à l'échelle nationale n'est pas encore établi.
Une opposition ferme
Brigitte Crottaz, conseillère nationale du Parti socialiste et médecin de profession, s'oppose fermement à l'idée d'une amnistie. Elle estime que les infractions doivent être évaluées dans le contexte de la pandémie, période durant laquelle les connaissances sur le virus étaient encore limitées. Selon elle, il est crucial que chacun ait respecté les règles établies pour le bien de tous.
Crottaz insiste également sur l'égalité de traitement : une amnistie ne devrait pas bénéficier uniquement à des personnalités publiques alors que d'autres, moins connues, sont encore sous le coup de la justice.
Une tentative de tourner la page
Pour Glarner, cette mesure représente une opportunité de clore un chapitre douloureux de la pandémie et de restaurer une forme de paix sociale. Le sujet de l'amnistie a déjà été abordé par le passé, notamment lors du rejet d'une proposition similaire par le Parlement au printemps dernier. Aujourd'hui, Glarner remet cette question sur le tapis, ciblant spécifiquement les faux certificats de vaccination.
Un débat dans un contexte législatif plus large
Ce débat s'inscrit également dans le cadre de la révision en cours de la loi sur les épidémies. Les parlementaires cherchent à tirer des leçons de la crise sanitaire afin de mieux préparer le pays à de futures situations similaires. La question de l'amnistie pourrait ainsi influer sur les discussions concernant les règles à adopter lors d'une nouvelle crise sanitaire.


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