Publié le samedi 13 juin 2026 dans la rubrique Suisse
Lausanne : Mobilisation féministe avant le No G7
Samedi après-midi, la place de la Riponne à Lausanne (Vaud) a vibré aux couleurs du violet. Slogans, chants et pancartes ont envahi le centre-ville pour la Grève féministe, un rendez-vous annuel décalé cette année au 13 juin.
« Les chiffres sont insupportables »
« Nous voulons une société qui protège, soigne, qui choisisse la solidarité plutôt que le profit », a martelé une manifestante. Une autre a lancé : « Nous sommes dans la rue aujourd’hui, parce que les chiffres sont insupportables. » Elle évoquait les 13 féminicides enregistrés depuis le début de l’année en Suisse.
« Nous en avons assez », a résumé une troisième voix. Le cortège, parti vers 16h45, doit terminer sa course à l’esplanade de Montbenon en début de soirée. Des stands, des ateliers et des DJ sets y attendent les participants.
Un week-end de mobilisation à double détente
Particularité de ce rassemblement : il se déroule « à double ». Dimanche, en plus des votations fédérales, une vaste manifestation « No G7 » est prévue à Genève. Les collectifs féministes s’y mobilisent pleinement. Tout le week-end, ils appellent à faire entendre leur colère contre « un système d’oppression où le patriarcat, le capitalisme, le militarisme et le colonialisme s’alimentent mutuellement ».
Ce changement de date – la Grève féministe a habituellement lieu le 14 juin – permet aux collectifs romands de s’unir à la manifestation anti-G7. Ils défileront en tête du cortège avec la coalition No G7.
Revendications concrètes contre les violences et les inégalités
Les féministes réclament davantage de mesures de prévention et de protection contre les féminicides et les violences sexistes. Elles exigent aussi une meilleure reconnaissance du travail des soins et une véritable égalité des chances entre les sexes sur le marché du travail.
« Nous demandons également davantage de moyens matériels de la part des autorités afin de pouvoir rémunérer le personnel et garantir des structures d’accueil disposant de ressources suffisantes pour protéger les femmes », a expliqué Marianne Ebel, du collectif neuchâtelois de la grève féministe, à Keystone-ATS. Elle a déploré les réductions de moyens alloués aux services de traduction dans le canton de Neuchâtel, ce qui pose problème pour les personnes ne parlant pas la langue locale.
Une convergence des luttes revendiquée
« La cause féministe est indissociable de la lutte contre le capitalisme, le fascisme et l’impérialisme », souligne le Collectif genevois de la Grève féministe, qui coorganise la manifestation « No G7 » avec plus de 60 autres organisations. « Les femmes et les personnes minorisées sont toujours les premières impactées par les politiques militaristes, colonialistes, impérialistes et capitalistes, qui nourrissent le patriarcat. La création de la coalition No G7 concrétise la convergence des luttes que nous prônons depuis toujours. »
Et d’ajouter : « Étant donné la date de la manifestation, il était important que la Grève féministe soit en premier plan. Il y aura une première banderole No G7, directement suivie de la banderole et du bloc collectif de la Grève féministe, en mixité choisie sans homme cisgenre. »
Mobilisation aussi à Neuchâtel
À Neuchâtel, plus de 1000 personnes ont participé samedi après-midi à la manifestation cantonale féministe, selon les organisateurs. Les manifestants revendiquent une société dans laquelle toutes les personnes sont respectées et trouvent leur place.
Des transports en bus ou en train sont prévus pour rejoindre Genève dimanche, au départ de Sion, Fribourg, Neuchâtel et Renens.

