Publié le lundi 10 août 2026 dans la rubrique Suisse
Début du procès en appel de Pierin Vincenz à Zurich
Le procès en appel de Pierin Vincenz, ancien directeur de la banque Raiffeisen, débute ce lundi à Zurich. Ce procès fait suite à une condamnation en première instance, où Vincenz a été reconnu coupable d'escroquerie, de gestion déloyale et de corruption, entraînant une peine de trois ans et neuf mois de prison ferme.
Un procès en appel attendu
La Cour suprême de Zurich a justifié le long délai avant l'ouverture du procès en appel par la complexité exceptionnelle de l'affaire. Les audiences, programmées jusqu'au 21 août, pourraient s'étendre jusqu'en septembre si cela s'avère nécessaire.
Condamnations et recours
Outre Vincenz, son ancien associé, Beat Stocker, a été condamné à quatre ans de prison. Les deux hommes ont décidé de contester le jugement, ce qui maintient la présomption d'innocence pour l'ensemble des accusés. Il est probable que le verdict en appel soit également sujet à un nouveau recours devant le Tribunal fédéral.
Les accusations portées
L'affaire concerne des acquisitions d'entreprises qui auraient permis aux co-accusés de s'enrichir illégalement. Vincenz et Stocker auraient pris des participations secrètes dans plusieurs sociétés avant d'organiser leur rachat par Raiffeisen ou Aduno, empochant ainsi des millions de francs. En parallèle, le procès examinera également l'utilisation des cartes de crédit professionnelles de Vincenz, qui aurait engagé des dépenses personnelles, allant de visites dans des clubs de strip-tease à des voyages à Dubaï. Vincenz défend son comportement en affirmant qu'il s'agissait de "gestion des relations", une explication qui n'a pas convaincu le tribunal de première instance.
Une annulation du jugement initial
Le procès en appel a été retardé en raison d'une bataille juridique prolongée. En février 2024, la Cour suprême de Zurich a annulé le jugement initial, arguant que l'acte d'accusation, long de 356 pages, contenait des détails superflus, compromettant ainsi la défense. De plus, un accusé francophone n'avait pas reçu une traduction complète de l'acte d'accusation.
Les décisions judiciaires
Le Ministère public zurichois a cependant réussi à contester cette annulation. Début 2025, le Tribunal fédéral a validé l'acte d'accusation, renvoyant le dossier à la Cour suprême zurichoise pour un nouvel examen. Les avocats de la défense ont tenté sans succès de reporter le procès en appel au printemps 2026, invoquant des recours en cours devant le Tribunal fédéral.
Alors que le procès en appel s'ouvre, les enjeux demeurent élevés pour tous les accusés, et l'issue de cette affaire pourrait encore avoir des répercussions significatives sur leur avenir. Les observateurs attendent avec impatience le déroulement des audiences et les décisions qui en découleront.


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