Publié le vendredi 18 septembre 2026 dans la rubrique Suisse
Augmentation du prix du diesel : impact sur le transport à Genève
À Genève, le prix du diesel atteint des sommets, passant de 1,76 franc le litre au début de l'année à près de 2,47 francs, selon l'Association suisse des transports routiers (ASTAG). Cette flambée des coûts met une pression considérable sur les entreprises de transport de la région.
Une hausse préoccupante
Andrea Genecand, président de l'ASTAG à Genève, a déclaré lors d'une interview au 19h30 que cette augmentation des prix est "drastique" et qu'il est inévitable de la répercuter sur les coûts de fonctionnement des entreprises. Les transporteurs doivent maintenant envisager d'augmenter leurs tarifs ou de modifier leurs trajets pour réduire les kilomètres parcourus.
Réactions des acteurs du transport
Antoinette Fleury-Ferrara, qui dirige une flotte de 16 autocars pour le transport scolaire et les excursions touristiques, exprime son inquiétude face à cette situation. "On ne peut pas continuer comme ça", affirme-t-elle, tout en soulignant que d'autres pays, comme l'Espagne et l'Italie, ont déjà pris des mesures pour faire face à ces défis. Elle appelle également à des actions similaires en Suisse.
Facteurs contribuant à la hausse des prix
Le directeur général de Migrol, Andreas Flütsch, a annoncé que l'augmentation du prix du diesel de huit centimes et de l'essence de cinq centimes est due aux combats au Yémen. Dans certaines stations, le litre de diesel coûte désormais 2,40 francs, tandis que d'autres stations à Zurich affichent des prix de 2,33 francs. Cette hausse des prix du diesel rappelle celle de printemps 2022, lorsque le litre avait atteint 2,40 francs suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Tensions géopolitiques et logistique
La situation est exacerbée par le faible niveau du Rhin, qui est crucial pour le transport des produits raffinés en Suisse. Les navires, capables d'acheminer normalement 2500 tonnes, voient leur chargement limité à 400 tonnes. La raffinerie de Cressier (NE), qui avait été arrêtée pour maintenance, a repris ses activités, mais les craintes d'approvisionnement persistent.
Appels à l'action politique
Au sein du Parlement, plusieurs élus demandent au Conseil fédéral d'intervenir face à cette hausse des prix. Le conseiller national PLR vaudois, Daniel Ruch, propose de supprimer la TVA sur les taxes des huiles minérales, ce qui pourrait économiser environ sept centimes par litre. À l'opposé, le conseiller national tessinois Lorenzo Quadri souhaite que la Confédération renonce aux recettes fiscales sur les huiles minérales pour alléger la charge des consommateurs.
Des perspectives divergentes
Du côté de la gauche, le socialiste vaudois Benoît Gaillard s'oppose à une réduction des taxes, arguant que cela profiterait davantage aux compagnies pétrolières qu'aux automobilistes. "Une telle solution ne ferait que subventionner les profits des grandes entreprises", déclare-t-il. La conseillère nationale genevoise, Delphine Klopfenstein (Verts), privilégie le soutien aux alternatives à la voiture, comme des bons de mobilité ou une réduction des prix des transports publics.
Pour l'heure, le Conseil fédéral n'a pas encore réagi à cette nouvelle flambée des prix, et lors de la précédente hausse en avril, il avait jugé inutile d'intervenir. Les transporteurs et les consommateurs restent en attente de décisions qui pourraient alléger leur fardeau.


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