Publié le dimanche 13 septembre 2026 dans la rubrique Suisse
Conférence d'extrême droite à Saint-Cierges : antisémitisme et polémique
Des figures de l'extrême droite française ont récemment tenu une conférence controversée à Saint-Cierges, dans le Gros-de-Vaud, en Suisse romande. Ce rassemblement, qui avait pour thème "Quel avenir pour l'Europe blanche ?", a attiré l'attention en raison des propos antisémites tenus par certains intervenants.
Déplacement et contexte de la conférence
Initialement prévue à La Chaux-sur-Cossonay, la conférence a été déplacée suite à l'intervention des autorités locales, qui ont annulé la location de la salle. Les orateurs et le public se sont finalement réunis dans un refuge à Saint-Cierges. Parmi les intervenants figurait Vincent Reynouard, connu pour ses positions révisionnistes et condamné récemment à Paris pour contestation de crime contre l'humanité. Il a évoqué son parcours judiciaire avec ironie, affirmant qu'il était en liberté tant que ses condamnations n'étaient pas effectives.
Des orateurs au passé judiciaire chargé
Reynouard n'était pas le seul à partager la scène. Henri de Fersan, qui se décrit comme franquiste et auteur d'un ouvrage fictif sur un monde dominé par le national-socialisme, s'est également exprimé. Il a souligné qu'il est venu en Suisse pour échapper à la surveillance des autorités françaises, en particulier à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Ce climat de répression en France, selon lui, pousse les extrémistes à chercher refuge ailleurs.
Propos antisémites et réactions
Les discours tenus lors de cette conférence ont suscité une vive controverse. Jérôme Bourbon, directeur de la revue Rivarol, a notamment été critiqué pour ses propos sur la Shoah, qu'il a minimisés. Il a exprimé son désaccord avec les visites d'écoliers à Auschwitz, les qualifiant de "judéo-serviles". Ces déclarations ont été qualifiées de problématiques par des spécialistes du droit, en raison de leur potentiel à inciter à la haine et à la discrimination.
La réponse des autorités suisses
La Commission fédérale contre le racisme, après avoir examiné les vidéos des intervenants, a estimé que certains propos pourraient relever de l'article 261bis du Code pénal suisse, qui sanctionne la discrimination et l'incitation à la haine. Toutefois, jusqu'à présent, aucune instruction n'a été ouverte par le Ministère public vaudois. La police cantonale a été informée de la réunion trop tard pour intervenir, constatant simplement que l'événement était déjà terminé.
La place de la Suisse dans l'extrême droite européenne
Pour Damir Skenderovic, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Fribourg, cette situation met en lumière le rôle particulier que joue la Suisse dans la scène d'extrême droite européenne. Il souligne que des événements similaires ont lieu régulièrement en Suisse, où les extrémistes se sentent moins surveillés et plus libres d'exprimer leurs idées. Cela soulève des questions sur la vigilance des autorités face à ce type de discours.


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