Publié le samedi 29 août 2026 dans la rubrique Suisse
Rassemblement à Berne : Un appel à préserver la neutralité suisse
Samedi, à Berne, devant le Palais fédéral, un millier de personnes se sont réunies pour soutenir l’initiative «Sauvegarder la neutralité suisse». Ce rassemblement, organisé à l’approche d’un référendum prévu le 27 septembre, a été l’occasion pour les partisans de revendiquer une neutralité stricte de la Suisse.
Des voix pour la neutralité
Les manifestants ont brandi des pancartes avec des slogans tels que «Non à l’Otan!», «Oui à la neutralité suisse!» et «Donnons une chance à la paix». La foule, majoritairement vieillissante, a exprimé son attachement à la neutralité, considérée comme un pilier de l’identité nationale. Eric Lehman, un ingénieur de 61 ans venu de Lugano, a partagé son inquiétude face à un gouvernement qu'il juge trop engagé sur la scène internationale. «Nous avons toujours été neutres», a-t-il déclaré, soulignant la nécessité pour la Suisse de maintenir une position impartiale, même dans le contexte actuel de tensions géopolitiques.
Critique de la politique actuelle
Les promoteurs de l'initiative critiquent ouvertement le gouvernement suisse pour sa coopération avec l’Otan et son alignement sur les sanctions imposées par l’Union européenne contre la Russie. Alfred de Zayas, ancien expert de l’ONU, a pris la parole lors du rassemblement pour affirmer que la politique étrangère actuelle de la Suisse nuit à son image de pays neutre. Pour lui, «la neutralité est utile à la Suisse, mais aussi à l’Europe et au monde». Son appel à un retour à une politique étrangère équilibrée a résonné auprès des participants.
La neutralité, un héritage à préserver
Jean-Daniel Ruch, ancien diplomate, a rappelé que la neutralité suisse est reconnue internationalement depuis 1815. Il a plaidé pour que la Suisse redevienne un acteur des négociations de paix, évoquant une perte de crédibilité due à des prises de positions jugées trop marquées contre certains pays, comme la Russie, tout en restant silencieuse face aux abus d'autres nations.
Réactions politiques
Malgré cet élan populaire, le gouvernement et le Parlement suisse ont rejeté l’initiative, la considérant trop rigide pour les enjeux internationaux actuels. Les partis politiques majoritaires craignent que cette proposition ne limite la flexibilité de la politique étrangère suisse, dans un contexte où les tensions géopolitiques s'intensifient. L’Union démocratique du centre (UDC), le principal parti de droite, est le seul à soutenir cette initiative, soulignant un clivage marqué dans le paysage politique suisse.
Des préoccupations sur l'influence extérieure
Les médias suisses ont également exprimé des inquiétudes quant à une possible influence russe derrière cette initiative, certains la qualifiant d'«initiative Poutine». Ce scepticisme provient du fait que plusieurs promoteurs de l’initiative sont connus pour leurs positions prorusses, ajoutant une couche de complexité à ce débat sur la neutralité.


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