Publié le mardi 09 juin 2026 dans la rubrique Suisse
Recrutement urgent d'agents de détention à Cossonay
À Cossonay, dans le canton de Vaud, une soirée d'information publique s'est tenue pour recruter des agents de détention. L'initiative, lancée fin 2024 par le Service pénitentiaire, vise à combler un déficit de main-d'œuvre.
Une quarantaine de candidats venus de tous horizons
Deux responsables RH et plusieurs agents en uniforme ont animé la séance. Vidéos tournées en milieu carcéral à l'appui, ils ont présenté un métier encore méconnu du grand public.
Dans l'assistance, une quarantaine de personnes. Environ un quart de femmes. Toutes remplissent les conditions de base : un CFC, la nationalité suisse ou un permis C, 24 ans révolus, un casier judiciaire vierge.
Les profils varient. Une coiffeuse de 24 ans qui a enchaîné les petits boulots. Un sportif de 43 ans qui se sent prêt à relever le défi. Un trentenaire en pleine transition professionnelle. Une assistante socio-éducative, douze ans passés en crèche. Tous et toutes cherchent une nouvelle voie.
Un processus de sélection en plusieurs étapes
Cette soirée n'était qu'un premier filtre. Les candidats doivent désormais envoyer leur dossier. Ceux qui n'ont pas assisté à la présentation peuvent aussi postuler.
Première sélection effectuée, une trentaine de personnes seront retenues. Elles participeront à une journée de recrutement fin août. Au programme : test physique, test de français, mise en situation et entretien individuel.
Admis à cette étape, place au stage en immersion. Puis test de personnalité et examen médical. Résultat : moins d'une dizaine de candidats seront finalement retenus.
Un besoin pressant face aux futures infrastructures
Ce dispositif de recrutement a déjà porté ses fruits. Plusieurs soirées d'information ont été organisées, des dizaines d'agents embauchés. Mais l'effort doit s'intensifier.
Début 2028, une zone d'attente carcérale ouvrira ses portes. Elle accueillera 60 personnes en détention préventive. La future prison des Grands-Marais, avec ses 410 places, est attendue pour fin 2031. Autant de besoins en personnel qui arrivent à grand pas.
Fatih Yaman, conseiller RH au Service pénitentiaire, ne cache pas l'urgence : "Nous faisons face à un véritable défi de recrutement." Dans La Matinale de la RTS, il explique que l'institution a dû revoir sa copie. "Nous avons repensé notre façon de faire avec du recrutement en masse et plusieurs sessions annuelles. Résultat : la qualité des profils s'est améliorée."
Un métier qui ne se résume pas à ouvrir des portes
Ce recrutement ciblé répond aux besoins du canton. Il colle aussi à l'évolution du métier, de plus en plus exigeant.
Jacques, 45 ans, surveillant sous-chef aux Établissements de la Plaine de l'Orbe, est intervenu lors de la soirée. Il a présenté la formation de trois ans qui mène au métier d'agent de détention. Douze années de service derrière lui, il constate les transformations du métier.
"On individualise un maximum la prise en charge des gens. L'objectif : qu'ils ressortent mieux que quand ils sont entrés." Pour lui, le métier ne se limite pas à ouvrir et fermer des portes. "Nous avons besoin de personnes capables d'analyser les situations. Il y a des moments compliqués, parfois durs, de la détresse humaine."
La Commission des visiteurs du Grand Conseil, chargée de surveiller les conditions de détention, dresse un constat sans appel. Certains détenus bénéficient d'outils de réinsertion, mais l'incarcération reste un choc traumatisant. Le manque d'agents se fait déjà cruellement sentir. Ces campagnes de recrutement sont vitales.

