Publié le vendredi 10 juillet 2026 dans la rubrique Suisse
Indignation des Églises suisses face à la révision de la loi militaire
Les Églises chrétiennes suisses, dans une lettre envoyée mercredi, expriment leur indignation envers le Conseil fédéral. Elles dénoncent le manque de consultation lors de la révision de la loi militaire, une procédure habituellement respectée pour tout changement législatif en Suisse. Elles soulignent que l'abrogation de l'exemption de service militaire pour les ecclésiastiques impacte directement leur capacité à agir lors de situations de crise.
Une loi adoptée sans prise en compte des préoccupations religieuses
Le Parlement a adopté cette nouvelle loi sans avoir pleinement conscience de ses implications, notamment sur le rôle des religieux. Si d’autres éléments avaient suscité des débats, la question de la pastorale, ou de l’accompagnement spirituel, n’a pas été suffisamment considérée. Les Églises s'interrogent sur cette décision, qualifiée de "non compréhensible".
Les conséquences sur l'accompagnement spirituel
Alain de Raemy, évêque auxiliaire et responsable des affaires militaires à la Conférence des évêques suisses, critique cette décision. Il évoque un profond "manque de respect pour la population". Il rappelle que des situations de crise, comme la pandémie de Covid-19 ou la catastrophe de Crans-Montana, ont montré l'importance d'une présence spirituelle. "Comment gérerons-nous ces crises futures si les prêtres doivent servir dans l'armée ?", questionne-t-il lors d'une interview au 19h30 de la RTS.
Appels à des solutions flexibles
Les Églises demandent au Conseil fédéral non seulement des explications, mais aussi des solutions flexibles pour que leurs prêtres puissent continuer à servir en cas de conflit. Elles insistent sur la nécessité d'un accompagnement spirituel pour la population, surtout en temps de crise.
La réponse du Département fédéral de la défense
Le Département fédéral de la défense, dirigé par Martin Pfister, défend sa position. Selon eux, le processus de révision de la loi s'est déroulé conformément aux directives de la Chancellerie. Ils justifient le manque de consultation en raison du "faible nombre de militaires concernés" par cette exemption, malgré le large éventail de communautés religieuses qui pourraient être affectées.
Une société en évolution
L'armée souligne également que la sécularisation de la société entraîne une diminution de l'intérêt pour les offres religieuses. Le ministère pastoral est donc considéré comme moins essentiel au maintien de la vie sociale. Cependant, Alain de Raemy conteste cette affirmation en affirmant que de plus en plus de personnes se tournent vers les prêtres, surtout en période de crise, même si elles ne sont pas membres d'une Église.
Des échos sur le terrain
Depuis l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi, neuf ecclésiastiques ont déjà été rappelés. Le Réseau évangélique suisse prévoit que cinq demandes d'exemption supplémentaires pourraient être rejetées dans un avenir proche. L'armée précise que, outre les pasteurs, d'autres membres de confréries ou de monastères sont également concernés par cette réforme.


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