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Publié le mercredi 17 juin 2026 dans la rubrique Suisse

Des escrocs vident leur compte, la ligne d'assistance téléphonique est injoignable

À Zurich, en Suisse, une nouvelle vague d'escroqueries bancaires sème la panique. Des faux employés de banque appellent leurs victimes pour signaler une "act

À Zurich, en Suisse, une nouvelle vague d'escroqueries bancaires sème la panique. Des faux employés de banque appellent leurs victimes pour signaler une "activité suspecte" sur leur compte. Leur objectif : dérober les identifiants de connexion et vider les avoirs. Problème : la ligne d'assistance téléphonique dédiée aux fraudes est souvent injoignable en dehors des heures ouvrables.

Des appelants qui imitent les banques

Le média public alémanique SRF a recueilli plusieurs signalements. Des individus se font passer pour des conseillers bancaires. Ils prétextent une vérification de sécurité urgente. Les victimes, prises au dépourvu, communiquent leurs codes d'accès aux services en ligne. Les escrocs en profitent pour siphonner l'argent.

Neuf banques suisses ont été interrogées par SRF. Seules deux d'entre elles sont joignables 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour ce type d'urgence. Pourquoi une telle lacune ? Parce que les lignes d'assistance ne couvrent pas tous les modes de fraude de la même manière.

Trois catégories de fraude, trois traitements distincts

Les établissements bancaires distinguent trois formes d'arnaque selon le moyen de paiement corrompu : la fraude aux services bancaires en ligne, la fraude via l'application Twint, et la fraude à la carte bancaire (physique ou numérique). Pour la carte, une assistance téléphonique permanente est quasi générale. Pour Twint, la plupart des banques proposent désormais aussi un service 24h/24.

Dans les arnaques Twint, les malfaiteurs subtilisent l'argent via l'application, qui est liée au compte. Mais ils n'obtiennent pas un accès direct au compte bancaire lui-même. La situation est bien plus grave quand les fraudeurs parviennent à voler les identifiants de connexion des services bancaires en ligne. Ils ont alors un accès total et immédiat au compte.

UBS et Postfinance, seules exceptions

Pour la fraude aux services bancaires en ligne – la plus dangereuse – seules UBS et Postfinance offrent une assistance téléphonique accessible en permanence. Les autres banques interrogées, comme Raiffeisen, la Banque Cler, la Banque Migros, les banques cantonales de Berne, Zurich et des Grisons, ainsi que la Banque Alternative Suisse, limitent leur disponibilité à leurs heures d'ouverture.

En cas d'attaque en dehors de ces créneaux, les victimes se retrouvent seules face à l'urgence. Le compte peut être vidé avant que quiconque ne décroche.

Peut-on encore stopper une transaction ?

Presque toutes les banques assurent qu'il est possible d'annuler soi-même une transaction non encore exécutée, via l'application ou le site bancaire. Mais cette action n'est envisageable que si les fraudeurs n'ont pas déjà modifié les identifiants d'accès. Si c'est le cas, certains établissements permettent de bloquer le compte pour empêcher d'autres mouvements. Il faut se renseigner directement auprès de sa banque sur la procédure exacte.

Une fois la transaction exécutée, plus rien ne peut l'annuler, même pas la banque. Le mal est fait.

Le régulateur suisse pointe du doigt

Dans une note de surveillance datée d'avril 2026, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) critique le manque de disponibilité des banques pour ces signalements de fraude en ligne. Son porte-parole, Serkan Isik, précise que cette note "n'instaure aucune nouvelle obligation, mais clarifie les obligations en vigueur depuis un certain temps." Les exigences existent, mais ne sont pas respectées.

Les associations de consommateurs réclament des comptes

La Fondation pour la protection des consommateurs alémanique (SKS) a déposé une motion auprès du Conseil fédéral sur cette question. La réponse de l'exécutif est claire : il ne voit pas la nécessité d'une réglementation supplémentaire. Les associations de défense des consommateurs explorent maintenant d'autres leviers politiques pour contraindre les banques à mieux protéger leurs clients.


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