Publié le mardi 30 juin 2026 dans la rubrique Suisse
La détention provisoire, une "éternité" qui s'allonge dans le canton de Vaud
Une détention qui s'éternise
Dans le canton de Vaud, la détention provisoire suscite de vives inquiétudes. Louise, une mère au foyer d’une trentaine d’années, témoigne de l’isolement et des souffrances de son frère James, incarcéré depuis plusieurs années. Parmi ces mois, 19 ont été passés sous le régime de détention avant jugement en raison d'un risque de collusion. Louise décrit cette période comme une "éternité" pour lui et pour sa famille.
Des conditions de détention préoccupantes
La détention avant jugement est perçue comme une mesure intrusive sur la liberté d’un individu. Louise souligne que les conditions imposées aux prévenus sont bien plus sévères que celles des condamnés. Les détenus en attente de jugement ont des temps de promenade limités, changent fréquemment d’établissement et voient leurs contacts avec l’extérieur souvent restreints. Pour Louise, il s’agit d’une forme de punition avant que le jugement n'ait lieu.
Les difficultés liées aux transferts
James a été transféré entre cinq établissements différents durant sa détention. Chaque transfert a été un nouveau défi pour sa famille, qui a dû s’adapter aux règles de visite spécifiques à chaque prison. Louise se rappelle avoir dû passer des heures au téléphone, parfois jusqu'à 150 appels pour obtenir une simple visite. Elle décrit les 30 premiers jours de détention de son frère, passés dans une zone carcérale inadaptée, comme un véritable "cachot", où la communication avec sa famille était quasi inexistante.
Des statistiques inquiétantes
Bien que le cas de James soit long, il n'est pas isolé. Selon des données de l'Office fédéral de la statistique, la durée moyenne de détention avant jugement dans le canton de Vaud est de 99 jours, soit 2,5 fois plus que la moyenne nationale de 40,3 jours. Cette situation est aggravée par la proximité du canton avec des villes françaises, où de nombreux cas sont liés à des personnes sans statut légal en Suisse.
Une surcharge du système judiciaire
Le procureur général vaudois, Eric Kaltenrieder, évoque la surcharge des instances judiciaires en raison d'une augmentation des affaires et de leur complexité. En sept ans, la durée moyenne de détention a augmenté de 36% dans le canton, tandis que d'autres cantons, comme Neuchâtel, ont réussi à réduire cette durée de près de 50%. Kaltenrieder souligne que la comparaison entre cantons doit être faite avec prudence, car chaque région a ses spécificités criminelles.
Réponses et réflexions sur l'avenir
Pour faire face à cette situation, le Grand Conseil vaudois a créé une zone d'attente carcérale à Orbe, destinée à gérer les détentions provisoires de courte durée. Cependant, certains plaident pour une réflexion plus profonde sur la nécessité et la durée de la détention avant jugement. Louise conclut en appelant à une prise de conscience sur le traitement des détenus, en soulignant qu'il est crucial de penser à la réinsertion de ces personnes lorsqu'elles sortiront de prison.


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