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Image à des fins esthétiques. ⚠️ Signaler la photo ou l'article comme inapproprié - © Crédit photo unsplash : Daniel Quiceno M.

Publié le samedi 04 juillet 2026 dans la rubrique Suisse

Interdiction d'estivage en France : 4000 bovins vaudois cherchent des alternatives

Près de 4000 bovins vaudois ne pourront pas estiver en France en 2026. Les éleveurs s'organisent mais font face à des défis logistiques et financiers. Découvrez les enjeux.

Dans le canton de Vaud, à quelques encablures de la frontière française, l’interdiction d’estivage en France pour la saison 2026 frappe de plein fouet les éleveurs. Quelque 4000 bêtes, principalement le long du Jura, de La Rippe à Yverdon, sont concernées par cette décision de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV).

Une décision fédérale qui bouleverse les habitudes

Annoncée en février, la mesure prive les bovins de leurs pâturages d’altitude français pour l’été 2026. Pour les paysans vaudois, le choc est rude. 160 éleveurs représentant 4000 animaux – essentiellement des génisses – ont dû chercher des alternatives. Le problème touche aussi une trentaine d’éleveurs genevois, ainsi que quelques-uns dans le Jura, à Neuchâtel et à Fribourg, soit environ 2000 bêtes supplémentaires.

Martin Pidoux, directeur de Prométerre, l’association vaudoise de promotion des métiers de la terre, décrit les éleveurs comme résilients mais aussi désabusés. Ils comprennent la nécessité de rester indemnes de DNC en Suisse. La majorité estime pourtant qu’un estivage en France aurait été possible avec des précautions : vaccins préalables ou séparation stricte des animaux.

Solidarité entre éleveurs pour sauver l’estivage

Face à l’urgence, une bourse d’échange romande a été mise sur pied. Elle met en relation les éleveurs disposant de places d’alpage avec ceux qui cherchent des solutions pour leurs bêtes. Sur les 2000 animaux concernés par ce dispositif, la moitié a trouvé une place sur d’autres alpages du canton. L’autre moitié estive dans d’autres régions suisses ou sur des exploitations en plaine.

José Durussel, député au Grand Conseil vaudois et agriculteur, salue une vraie solidarité entre les éleveurs. Des solutions ont été dénichées sur d’autres alpages, parfois jusqu’en Valais. Mais pour ceux qui n’ont pas trouvé de plan B, la situation reste complexe.

Gérer le surcroît de travail et l’alimentation

En temps normal, les vaches partent vers la mi-mai sur les pâturages d’altitude et ne reviennent qu’à la fin de l’été. Les garder à la ferme implique un gros travail supplémentaire. Il faut s’occuper de tous ces animaux en plus des foins et des moissons, relève Martin Pidoux.

L’alimentation constitue le défi principal. Sur l’alpage, les bovins broutent l’herbe. À la ferme, il faut puiser dans les stocks des années précédentes, consacrer plus de surfaces fourragères ou acheter du fourrage à des collègues. Une contrainte financière et logistique qui pèse lourd.

Chaleur et fumier : des complications estivales

La gestion de la chaleur estivale en plaine cause aussi des soucis. José Durussel explique qu’avec les températures actuelles, on garde les vaches à l’intérieur. Certaines exploitations sont équipées de ventilateurs. Un détail qui change tout pour le bien-être animal.

Autre conséquence moins visible : le bilan de fumure. Pour toucher les paiements directs, les agriculteurs ne doivent pas dépasser un certain volume de fumier par rapport à la taille de leur exploitation. Les déjections supplémentaires des animaux restés à la ferme compliquent ce calcul. Une réalité concrète qui oblige à repenser la gestion des effluents.

Un crève-cœur pour les paysans

Au-delà des aspects techniques, la situation relève aussi du crève-cœur. José Durussel le confie : les éleveurs qui ont dû garder leurs génisses en plaine en souffrent. « Ça leur fait de la peine, parce que l’été elles sont bien à la montagne. Et puis l’animal, ça l’endurcit de monter à l’alpage et de dormir dehors. » Une dimension affective qui ne se chiffre pas.

Des aides financières sont en discussion aux niveaux cantonal et fédéral, indique Prométerre. Aucune décision n’a encore été prise. Le Conseil d’État vaudois, interrogé par le député PLR Pierre-François Mottier, se dit ouvert à autoriser temporairement une augmentation du nombre de bêtes sur les pâturages, sous conditions. Il envisage aussi des dérogations pour le bilan de fumure. En revanche, pas question, pour l’instant, de permettre le pâturage en forêt ni d’assouplir les règles d’utilisation des surfaces de promotion de la biodiversité.


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