Publié le vendredi 31 juillet 2026 dans la rubrique Suisse
Refus de soins vétérinaires à Berne : un conflit autour d'une vache
À Berne, en Suisse, l'hôpital vétérinaire universitaire refuse désormais de soigner les animaux d'un sanctuaire. La raison : un différend avec Virginia Markus, militante antispéciste, autour du sort d'une vache.
Une vache arrivée pour une stérilisation, ressortie avec un avis d'euthanasie
En avril 2024, Fortuna rejoint le sanctuaire de Virginia Markus. La vache, tout juste sortie d'une exploitation laitière, doit être stérilisée. Le Tierspital de Berne s'en charge. Sur place, les vétérinaires découvrent des pieds ulcérés et déformés par l'arthrose.
Leur diagnostic tombe : il faut euthanasier l'animal. La militante refuse. Depuis six mois, elle panse quotidiennement les plaies de la bête. Elle vient de la récupérer et ne compte pas l'abattre.
Finalement, la clinique accepte de libérer Fortuna. Une condition : Virginia Markus doit s'engager à l'abattre au sanctuaire. Elle ne le fera jamais.
Le vétérinaire cantonal contredit le Tierspital
Virginia Markus sollicite alors le vétérinaire cantonal vaudois. L'expert examine la vache. Dans un rapport consulté par la RTS, il écrit que « l'animal ne paraît pas souffrir excessivement » et qu'« il n'y a pas lieu d'ordonner son euthanasie pour le moment ».
Un avis qui contredit directement celui de l'hôpital bernois, mais qui ne règle pas le différend. En mai 2024, la direction du Tierspital adresse un courrier à la militante. La clinique annonce cesser de prendre en charge les animaux du sanctuaire.
Un cochon victime collatérale de la rupture
La décision reste théorique jusqu'en avril dernier. Un cochon du sanctuaire, Alan, souffre de calculs urinaires. Il a besoin d'une opération. Le Tierspital de Berne refuse de le soigner.
La propriétaire et sa militante n'ont pas le choix. Elles filent en urgence au Tierspital de Zurich, seul autre établissement du pays habilité à traiter ce type de pathologie. Le détour coûte du temps et de l'énergie, mais sauve l'animal.
Une plainte pour manquement déontologique
Virginia Markus ne compte pas en rester là. Pour elle, le refus du Tierspital est une faute grave. Elle rappelle que la clinique est rattachée à l'Université de Berne et qu'elle dépend en partie de fonds publics.
Début mai, elle a dénoncé la situation auprès de la Société des vétérinaires suisses. Elle s'apprête à en faire de même auprès du vétérinaire cantonal bernois.
Le service de communication du Tierspital, contacté par la RTS, ne commente pas. « Nous ne pouvons pas donner d'information concernant des relations avec des clients spécifiques, pour des raisons de protection des données et de respect de la personnalité », répond-il. Le vétérinaire cantonal vaudois, lui, ne se prononce pas sur ce cas précis.


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