Publié le lundi 20 juillet 2026 dans la rubrique Suisse
Sècheresse en Suisse : l'impact sur les lacs de retenue et l'électricité
À Annecy, en Haute-Savoie, l’actualité des lacs de retenue suisses préoccupe les observateurs de la région frontalière. Leur niveau d’eau chute fortement, au point que certains sites ont déjà cessé de produire de l’électricité. Pourtant, les autorités fédérales helvétiques écartent tout risque de pénurie pour cet hiver.
Un lac à sec, la production électrique à l’arrêt
Dans le canton de Glaris, le lac du Klöntal donne une image frappante de la sécheresse estivale. Son port est désormais à sec. Conséquence immédiate : la centrale hydroélectrique ne tourne plus. Seul un débit résiduel est maintenu, juste assez pour protéger la faune aquatique de la rivière en aval. La situation illustre un phénomène qui touche plusieurs retenues alpines.
Niveaux bas mais pas de panique pour cet hiver
Le niveau des lacs de retenue suisses se situe nettement sous les moyennes saisonnières. Pourtant, la Commission fédérale de l’électricité (ELCOM) ne prévoit pas de coupures pour l’instant. Andreas Jöckel, directeur adjoint de la surveillance du marché au sein de l’ELCOM, temporise : « On ne peut pas encore dire avec certitude à quel niveau se situeront les réservoirs à l’approche de l’hiver. » Il rappelle que tout dépendra des précipitations des prochains mois. Les conditions météorologiques seront donc décisives.
Les glaciers comme réserve temporaire
Le lac de Griess, dans le Valais, près du col du Nufenen, affiche lui aussi un niveau inférieur à la moyenne. Mais sa situation est moins alarmante, grâce à une source d’appoint : la fonte du glacier qui l’alimente. Matthias Huss, directeur du réseau suisse de mesure des glaciers à l’EPFZ, explique que la fonte accélérée apporte pour l’instant un surplus d’eau exploitable. « Les glaciers fondent de plus en plus. Cela apporte une grande quantité d’eau, ce qui peut être mis à profit », précise-t-il. Mais cette manne est temporaire, et l’avenir s’annonce plus sombre.
Un répit qui cache une menace à long terme
Matthias Huss met en garde : « Chaque été chaud nous fait perdre de l’eau stockée qui ne pourra plus être reconstituée à l’avenir. » Selon lui, dans dix, vingt ou trente ans, un épisode de chaleur comparable laissera les barrages avec nettement moins d’eau glaciaire. Les lacs de barrage devront alors compter beaucoup plus sur les précipitations, à l’image du lac du Klöntal dès aujourd’hui. Les autorités fédérales ne s’inquiètent pas pour l’hiver prochain, mais l’ELCOM rappelle que les réservoirs ne sont qu’un pilier de l’approvisionnement électrique. D’autres sources devront prendre le relais.
Cette dépendance aux glaciers illustre un paradoxe : la Suisse tire profit d’une fonte accélérée à court terme, mais hypothèque ses réserves d’eau pour les décennies à venir. Le répit actuel ne doit pas masquer une fragilité croissante, que les prochains étés chauds pourraient révéler brutalement.


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