Publié le dimanche 24 mai 2026 dans la rubrique Suisse
Renforcement de la sécurité aérienne en Suisse : Fedpol s'inquiète de l'initiative de l'UDC sur Schengen
À Berne, un nouveau centre opérationnel de la police fédérale (Fedpol) est en cours de conception, destiné à surveiller les données des passagers aériens à destination de la Suisse. Ce dispositif, qui doit débuter en février 2027, vise à renforcer la sécurité en détectant d'éventuelles menaces avant même que les personnes n'embarquent dans leurs avions.
Une coopération renforcée
Benedikt Scherer, en charge de la mise en place de ce nouveau centre, explique que les informations collectées permettent une réaction immédiate en cas d’alertes. La police cantonale peut alors intervenir directement à l’aéroport pour procéder à des contrôles ou, si nécessaire, à des arrestations. Cette initiative répond à une volonté du Conseil fédéral et du Parlement de créer un environnement plus sécurisé face à un paysage criminel en constante évolution.
Le cœur de Fedpol
Dans un autre espace de Fedpol, des opérations de coordination se font déjà 24 heures sur 24. Selon Laura Antonelli Müdespacher, cocheffe de la coopération policière internationale, ce lieu constitue l’épicentre de l’échange d’informations entre les forces policières suisses et étrangères. Elle souligne l'importance vitale de ces collaborations, car les criminels sont de plus en plus agiles et interconnectés.
Le Système d'Information Schengen (SIS)
Au centre de ces échanges, le Système d'Information Schengen (SIS) joue un rôle clé. Ce vaste réseau de données permet à la police suisse d’accéder aux informations de sécurité provenant d’une trentaine de pays européens. Ces accords sont pourtant menacés par l’initiative de l’UDC, qui réclame la dénonciation de l’accord sur la libre circulation, ce qui pourrait entraîner une sortie de la Suisse du système Schengen et, par conséquent, de la plateforme SIS.
Risques potentiels
Laura Antonelli Müdespacher s'inquiète des conséquences d'un éventuel refus des accords Schengen. Elle rappelle l'importance des données partagées, qui ont permis aux autorités suisses d’effectuer plus de 20'000 requêtes sur des personnes recherchées ou disparues au cours de l’année passée. Un retrait de ce système aurait un impact direct sur l’efficacité des interventions policières.
Réponse de l'UDC
Jean-Luc Addor, conseiller national UDC, n'exprime pas de craintes quant à la continuité de l'accès au SIS, en affirmant que les pays de l'Union européenne n'ont aucun intérêt à voir la Suisse devenir un point faible en matière de sécurité. Il assure que la collaboration se poursuivra, même en cas de modification des accords actuels.

