Publié le vendredi 22 mai 2026 dans la rubrique Suisse
Un jeu vidéo controversé sur l'immigration suscite une forte indignation en Suisse
Un jeu vidéo controversé a récemment suscité une vive polémique en Suisse, mettant en lumière des tensions autour des questions d'immigration et de racisme. Intitulé "Protéger la Suisse contre l'islamisation rampante", ce jeu incite les participants à agir en tant que garde-frontière, qui doit empêcher certains groupes de migrants de passer la frontière.
Une représentation choquante
Le jeu met en scène des migrants à la peau foncée, souvent armés de couteaux et de pistolets, ainsi que des familles musulmanes, dépeintes avec des femmes portant le voile et plusieurs enfants. En revanche, les personnes de race blanche sont présentées comme des travailleurs qualifiés, à qui il est permis de traverser la frontière.
Réactions indignées
Sophie Wang, membre du comité directeur de la Jeunesse socialiste, a qualifié ce jeu de "propagande raciste" et a dénoncé son caractère nuisible pour la démocratie. Selon elle, ce type de contenu rabaisse un groupe de personnes sur des bases raciales et religieuses, leur refusant ainsi toute dignité humaine. Le jeu alimente également des théories du complot comme celle du 'grand remplacement', une idée largement critiquée et discréditée.
Appel à l'action
La Jeunesse socialiste appelle à l'application rigoureuse de la norme pénale antiraciste, qui prévoit la poursuite automatique de toute violation. Le parti exige que le jeu et sa page web soient immédiatement retirés, qualifiant ces éléments d'incitations à la haine.
Dénoncés par des institutions
Samson Yemane, vice-président de la Commission fédérale contre le racisme, a également exprimé ses préoccupations. Il évoque la discrimination ouverte des étrangers, notamment les musulmans, et indique que plusieurs signalements pour violation des lois antiracistes sont en cours. En Suisse, toute infraction à la norme pénale antiraciste doit être examinée par les autorités compétentes, même sans plainte formelle d'une victime.
Une disparition rapide en ligne
Le jeu a été supprimé d'internet à la suite de campagnes de dénonciation. Les pressions exercées sur le site hébergeur ont rapidement porté leurs fruits, suggérant que la communauté s'est mobilisée contre ce type de propagande.
La position floue de l'UDC
Interrogée sur cette affaire, l'Union Démocratique du Centre (UDC) a choisi de ne pas condamner le jeu. Bien qu'elle revendique ne pas être directement impliquée dans le Comité d'Egerkingen, de nombreux membres de l'UDC y participent. Niels Fiechter, le président des Jeunes UDC suisses, a déjà été condamné pour racisme par le passé.
Argumentations en faveur de la satire
Nicolas Kolly, conseiller national de l'UDC, a relativisé la polémique en affirmant que le jeu relève de la communication politique et de la satire. Il considère que ces formes d'expression sont légitimes au regard de la liberté d'expression, même si cela peut sembler excessif pour certains. Il compare cette situation à celle de la campagne du non, jugée également exagérée par les opposants à l'initiative.
Un contexte de tensions politiques
L'initiative "Pas de Suisse à 10 millions!", proposée par l'UDC, sera soumise à référendum le 14 juin prochain. Le Comité d'Egerkingen soutient ce texte, soulignant des préoccupations concernant l'immigration et l'islamisation. Les débats autour de cette initiative risquent de raviver les discussions sur l'identité nationale et l'accueil des immigrants en Suisse.

