Publication le 22 juillet 2026 · Mis à jour le dimanche 26 juillet 2026 dans la rubrique Toulouse
Des familles toulousaines se retrouvent sans cuisine après des paiements de milliers d'euros à Mobalpa et SoCoo'c
13 000 euros pour une cuisine qui n'arrive jamais : des familles toulousaines piégées par leur cuisiniste
Ils ont payé comptant, parfois des milliers d'euros. Leur cuisine devait arriver. Mais la livraison n'a jamais eu lieu. Depuis plusieurs semaines, des dizaines de clients des magasins Mobalpa et SoCoo'c de Portet-sur-Garonne et Colomiers se retrouvent sans nouvelle de leur commande, sans interlocuteur, et sans cuisine.
Alice Goyon, son compagnon Clément et leurs trois enfants âgés d'un à cinq ans emménagent dans une maison entièrement rénovée dans moins de deux semaines. Leur cuisine devait être livrée cette semaine. Elle n'arrivera pas. Le couple a déboursé plus de 13 000 euros à la mi-juin. "Ne parvenant plus à joindre le magasin, nous avons contacté le transporteur, qui nous a indiqué que la livraison était bloquée. Avec la perspective du déménagement, je n'en dors plus la nuit", confie Alice.
Son histoire n'est pas isolée. Dans la région toulousaine, des familles entières attendent leur cuisine. Les plus chanceuses ont reçu une partie de leur commande. Les autres, rien. La plupart ont réglé la totalité du montant, invitées à payer une dizaine de jours avant la livraison, souvent en échange d'une remise. Beaucoup disent avoir été rassurés par l'image de la marque et son "Made in France".
18 000 euros pour des retraités : "J'ai fait le siège du magasin"
Martine et Dominique, 72 et 76 ans, ont vécu la même désillusion. En février, ils commandent une cuisine sur mesure chez SoCoo'c avenue des États-Unis, pour leur nouvel appartement. Ils paient comptant 18 000 euros. Le jour de la livraison, rien. Aucun message, aucune explication.
Leur belle-fille, Angelina Billatte, raconte : "Mes beaux-parents étaient angoissés et ne comprenaient pas. Face à leur désarroi, compréhensible chez des gens âgés, j'ai pris l'affaire en main". Elle se rend au magasin. Le directeur est absent, lui répond une vendeuse. Elle y retourne le lendemain. Encore absent. Le surlendemain, même réponse. Alors elle change de méthode. "J'ai fait le siège du magasin pour dissuader les clients d'acheter". Un combat personnel face à une situation qui dépasse son couple de retraités.
Un franchisé injoignable, des magasins fermés
Derrière ces histoires, un nom revient : Wladimir Dejardin, franchisé du groupe ALKYMIA. C'est lui qui exploitait les magasins Mobalpa et SoCoo'c de Portet-sur-Garonne et Colomiers. Ces deux points de vente ont fermé. Les clients n'arrivent plus à joindre personne. Les autres magasins de l'agglomération toulousaine, gérés par d'autres franchisés, fonctionnent normalement.
Les clients décrivent un sentiment d'abandon. Ils ont payé intégralement. Ils se sont fiés à une enseigne nationale. Et aujourd'hui, plus personne ne répond au téléphone. Le transporteur lui-même a bloqué les livraisons. Les familles se retrouvent avec des cuisines fantômes, des crédits à rembourser, et des cuisinières vides.
Des dizaines de dossiers sont recensés. Le directeur national de SoCoo'c a reconnu que 80 à 100 clients étaient concernés par des cuisines non livrées à Toulouse, et a promis que "chaque demande sera examinée". Mais pour les familles comme celle d'Alice et Clément, ou pour Martine et Dominique, l'attente est intenable. Une cuisine, ce n'est pas un luxe. C'est le cœur d'une maison, surtout quand on emménage avec trois enfants en bas âge. Les nuits sont courtes. Les factures, elles, sont déjà réglées.


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