Publié le lundi 06 juillet 2026 dans la rubrique Toulouse
Précarité en Haute-Garonne : les données alarmantes de l’Insee sur le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, à 95% des femmes
En Haute-Garonne, un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. L'Insee Occitanie publie un tableau de bord qui dresse un constat amer pour le département et la région.
Un taux de pauvreté qui dépasse la moyenne nationale
Avec 18,6 % de sa population concernée, l'Occitanie affiche un niveau de précarité supérieur à la moyenne hexagonale. La région compte 6,2 millions d'habitants. Elle se classe troisième région la plus peuplée de France. Mais la croissance démographique n'a pas gommé les inégalités.
Fin 2024, 195 000 foyers touchaient le revenu de solidarité active (RSA). En incluant les conjoints et les enfants, ce sont 387 000 personnes qui dépendent de ce minimum social. Cela représente 8,3 % de la population régionale de moins de 65 ans, soit deux points de plus que la moyenne de la France métropolitaine. Le RSA reste le dispositif d'aide le plus distribué. Il vient compléter les revenus d'un foyer pour atteindre un minimum garanti.
Le RSA majoré, une affaire de femmes
Parmi ces allocataires, un sur dix perçoit le RSA majoré. Ce dispositif cible les parents isolés d'au moins un enfant de moins de 25 ans. En Occitanie, 63 761 personnes sont couvertes par cette aide. En Haute-Garonne, le chiffre atteint 13 526 individus, enfants et personnes à charge compris. C'est une hausse de 2,4 % depuis 2022.
Un détail frappe : le RSA majoré concerne quasi exclusivement des femmes. L'Insee le souligne sans détour. La monoparentalité, dans sa grande majorité féminine, plonge ces mères dans une précarité durable.
Une précarité stable… mais qui repart à la hausse
L'institut alerte sur une situation qui ne s'améliore pas. "Stable, voire en augmentation" dans certains départements, la précarité a connu une hausse globale en 2024. Le nombre d'allocataires du RSA a légèrement progressé dans la région. Il dépasse désormais son niveau d'avant la crise sanitaire.
Les chiffres racontent une histoire en dents de scie. En 2020, la détérioration économique liée au Covid avait fait bondir le nombre de bénéficiaires. En 2021, l'amélioration du marché du travail avait permis une forte baisse. 2022 a stabilisé les effectifs. 2023 a vu une légère diminution. Mais 2024 casse cette dynamique fragile.
L'emploi reste le nerf de la guerre
L'Insee pointe un obstacle majeur : l'accès à l'emploi devient de plus en plus difficile pour beaucoup. Le constat vaut pour toutes les tranches d'âge, mais les seniors trinquent. Selon France Travail, 27 % des demandeurs d'emploi de la région ont 50 ans ou plus. C'est un point de plus que la moyenne nationale, qui s'établit à 26 %.
Les métropoles offrent un léger répit. À Toulouse, la part des demandeurs d'emploi seniors tombe à 20 %. À Montpellier, elle atteint 23 %. Mais ailleurs, le poids des âgés dans les files d'attente pèse lourd. Le RSA n'est plus une simple aide temporaire. Pour beaucoup, il devient un filet de sécurité durable dans un marché du travail qui les rejette.


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