Publié le dimanche 21 juin 2026 dans la rubrique Toulouse
Gang de cambrioleurs condamné à Toulouse : jusqu'à six ans de prison pour 800 000 euros de butin
Le tribunal correctionnel de Toulouse a rendu son verdict ce vendredi. Onze prévenus, jugés depuis la veille pour une cinquantaine de cambriolages en Occitanie, écopent de peines allant de la simple amende à six ans de prison ferme. Le préjudice total dépasse les 800 000 euros.
Des voleurs poussés par la misère
À la barre, les mots ont fusé, crus, sans fard. "Je ne faisais pas ça pour avoir de grosses voitures ou pour partir en vacances", a lancé l’un des hommes. Un autre, ancien déménageur licencié, a résumé son basculement : "Je me suis mis à voler." Un troisième, plus détaché, a assumé : "Moi, je revendais des jantes quand on me le demandait."
La défense a martelé le même constat. Me Hafid Allaki a décrit un client qui "a volé pour nourrir ses enfants". Me Salomé Bégué a parlé d’une "délinquance misérable". Une misère encore plus crasse pour l’homme que défend Me Sarah Rueda : "Un homme qui ne sait ni lire ni écrire, il ne faut pas le réinsérer mais l’insérer", s’est-elle émue.
Une organisation aux ramifications étendues
Début 2024, les enquêteurs ont repéré un groupe spécialisé dans le vol de matériel automobile, agricole et d’outillages. Les cibles ? Des particuliers, des collectivités territoriales, des sociétés privées. Les malfrats ne dédaignaient pas non plus les moto-cross. Au total, plus de cinquante cambriolages leur sont imputés.
Le butin est colossal : 800 000 euros de préjudice. Une partie des biens a pu être retrouvée. Mérite des enquêteurs, mais aussi de la technologie. "Des traceurs qui y figuraient" ont permis de localiser certains objets, a précisé Me Léo Macaigne, avocat d’une entreprise victime, soulignant au passage les frais importants supportés par son client.
Le difficile travail de la présidente
Valérie Raymond, qui présidait l’audience, a tenté de démêler l’écheveau. Elle voulait établir les rôles de chacun. Mission compliquée. Les prévenus se sont renvoyé la balle, multipliant les dérobades. Le procureur a regretté ces atermoiements avant de détailler leur modus operandi. Il a souligné leur "particulière acuité" en la matière.
Ses réquisitions ont été à la mesure du dossier. Pour le plus petit des receleurs, cent jours-amende à quinze euros par jour. Pour les deux têtes pensantes de l’organisation, six ans de prison dont quatre ferme et deux avec sursis probatoire.
Un procès marqué par la controverse
La défense ne s’est pas laissée impressionner. Une flopée d’avocats a plaidé : Mes Hafid Allaki, Caroline Barbot-Lafitte, Salomé Bégué, Nathalie Billon, Marine Bardy, Agathe David, Morgane Dupoux, Valère El-Alami, Éric Mouton, Sarah Rueda, Brice Zanin. Chacun avec sa patte, tous avec la même opiniâtreté.
Me Éric Mouton a taclé l’accusation : "On a tout mélangé dans le shaker accusatoire." Ses consœurs Mes David et Dupoux ont, avec pugnacité, attaqué la prévention d’association de malfaiteurs. Un véritable front judiciaire.
Des peines allant jusqu'à six ans de prison
Le tribunal a délibéré plus de sept heures. Le verdict est tombé : tous les prévenus ont été condamnés. Les peines s’échelonnent de 180 jours-amende à 30 euros à six ans de prison, dont dix-huit mois assortis de sursis probatoire.
L’audience s’est refermée sur ce constat amer. Des vies brisées par la misère, un butin colossal, et une justice qui a tranché. Dans la région, les victimes espèrent tourner la page.


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