Publié le mercredi 22 juillet 2026 dans la rubrique Toulouse
Jusqu'à 13 000 euros déboursés pour une cuisine introuvable : des dizaines de clients Mobalpa et SoCoo’c dénoncent des commandes fantômes
À Portet-sur-Garonne, dans la métropole toulousaine, de nombreux clients du cuisiniste Mobalpa se retrouvent dans une situation alarmante. Après avoir déboursé des sommes conséquentes pour des cuisines, ils n'ont toujours pas reçu leur commande, entraînant une détresse grandissante.
Des familles en attente
Alice Goyon et son compagnon Clément, par exemple, ont investi plus de 13 000 euros en juin pour une cuisine qui devait être livrée cette semaine. Face à l'absence de réponse du magasin, le couple a contacté le transporteur, qui leur a confirmé que la livraison était bloquée. Alice, mère de trois jeunes enfants, exprime son angoisse face à la situation : "Avec la perspective du déménagement, je n’en dors plus la nuit."
Ce cas n'est pas isolé. Des dizaines de familles dans la région subissent des retards similaires, certaines n'ayant reçu qu'une partie de leur commande. La plupart des clients, rassurés par la réputation de la marque et l'argument du "Made in France", ont payé la totalité de leur commande, souvent après avoir été incités à le faire peu avant la livraison.
Un collectif face à l'inertie
Pour exprimer leur mécontentement, une quarantaine de clients s'est réunie devant le magasin de Portet-sur-Garonne. Ils ont formé un collectif, "Les Naufragés de Mobalpa", après avoir appris que les magasins perdaient leur contrat de franchise. Le lendemain, la fermeture sans préavis des points de vente de Portet-sur-Garonne et Toulouse a exacerbé la colère des clients.
Dans les jours qui ont suivi, près de 90 personnes ont rejoint le groupe WhatsApp du collectif, qui répond désormais à de nombreux témoignages d'inquiétude. Henry, l'un des animateurs, attend toujours une partie de son électroménager et évoque un préjudice de 8 000 à 12 000 euros, tandis que d'autres se retrouvent sans matériel dans un chantier en cours.
Des situations critiques
Des clients comme Raneem et Maxime Bigot soulignent également des problèmes de sécurité avec des meubles mal installés, tandis que Marie-Hélène Doucet s'inquiète pour sa fille enceinte de sept mois, qui doit emménager sans cuisine. Après plusieurs heures de discussions avec le directeur, elles n'ont pas obtenu de solution concrète. "C’est du vol pur et simple", déclare Marie-Hélène.
Bernard Rouvellat, quant à lui, a versé 5 000 euros à Mobalpa peu avant la fermeture du magasin de Colomiers. "C’est ma fille qui m’a informé de la fermeture via les réseaux sociaux", raconte-t-il, déçu par l'absence de communication de la part de l'entreprise.
Une réponse insuffisante de la direction
Contacté par La Dépêche du Midi, le directeur de Mobalpa France, Laurent Raymond, assure que tous les clients concernés seront recontactés dans les 72 heures. Il précise que l'acompte est garanti à hauteur de 25 % et que ceux ayant versé davantage recevront leur cuisine, même si la pose demeure à leur charge. À ce jour, Mobalpa France a identifié 130 dossiers liés à cette crise.
Des prestataires victimes également
Lors de la manifestation, plusieurs prestataires ont également témoigné de leurs difficultés. Nicolas, un poseur, affirme avoir 10 000 euros de factures impayées. D'autres, dont une entreprise spécialisée dans les plans de travail, évoquent des sommes dues dépassant les 50 000 euros. "On nous promettait des paiements qui n'arrivaient jamais", déclare une prestataire, exprimant un sentiment de trahison face à cette situation. Plusieurs d'entre eux ont déjà engagé des procédures judiciaires pour récupérer leurs créances.


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