Publié le mardi 02 juin 2026 dans la rubrique Toulouse
Une collégienne de 14 ans en garde à vue après avoir poignardé une camarade de 12 ans à Villeneuve-Tolosane
Villeneuve-Tolosane, Haute-Garonne. Deux collégiennes de cinquième, 12 et 14 ans, scolarisées au collège Jacqueline-Auriol, en sont venues aux mains lundi en milieu d'après-midi, à la sortie des cours. La plus jeune a reçu quatre coups de couteau. Elle est hospitalisée. L’autre, placée en garde à vue, a reconnu les faits.
Une bagarre qui tourne au drame
Ce n’était pas un règlement de comptes entre garçons, mais entre filles. Une source proche du dossier le dit sans détour : elles se sont battues "comme deux garçons". Des témoins plus âgés filmaient la scène. D’autres élèves regardaient. Les deux adolescentes ont échangé une série de coups avant de tomber au sol.
La plus âgée, moins solide physiquement, a sorti un couteau de cuisine. Elle a frappé son adversaire aux bras. La victime, malgré ses blessures, n’a pas perdu connaissance. Elle a même désigné son agresseur aux secours. Trois des quatre plaies sont superficielles. Ses jours ne sont pas en danger, a précisé le procureur de Toulouse, David Charmatz, tout en se montrant rassurant.
Un couteau de cuisine préparé plusieurs jours à l’avance
L’arme ne sortait pas de nulle part. La collégienne de 14 ans l’avait glissée dans son sac depuis plusieurs jours. Dans quel but ? Se défendre ou attaquer ? Les enquêteurs de la brigade des recherches de la gendarmerie de Villeneuve-Tolosane cherchent encore à le déterminer. Entendue à plusieurs reprises en présence d’un parent, elle n’a pas nié les violences ni l’usage du couteau.
Elle aussi a été blessée aux mains lors de l’affrontement. L’intervention du personnel de l’établissement et de témoins a mis fin à la confrontation. Les pompiers et le Smur 31 ont pris en charge la plus jeune, direction l’hôpital où elle restait encore ce mardi. Son adversaire, elle, est partie sous escorte des gendarmes.
Un climat de harcèlement qui couvait depuis des mois
L’opposition entre les deux collégiennes est ancienne. La mère de la jeune fille aujourd’hui mise en cause avait déposé plainte en gendarmerie en fin d’année dernière. Elle dénonçait des faits de harcèlement et de violences. L’enquête n’a pas prospéré avant lundi. En revanche, le collège a réagi : un conseil de discipline a été convoqué. Chacune a écopé d’une exclusion d’un jour.
À leur retour, elles ont été remises dans la même classe. Une décision jugée curieuse, qui n’a pas éteint le conflit. L’avocat de l’adolescente de 14 ans, Me Alexandre Parra-Bruguière, ne mâche pas ses mots : "Ces violences interviennent dans un contexte où la victime se montre depuis plusieurs mois violente et harceleuse. Que l’Éducation nationale n’ait pas séparé ces deux élèves, malgré un harcèlement avéré, est anormal."
Des suites judiciaires attendues ce mercredi
La garde à vue de la collégienne a été prolongée ce mardi. Le parquet des mineurs décidera des suites. Des poursuites criminelles ne sont pas exclues. L’adolescente risque gros. La violence de l’agression a secoué le collège et ses alentours. Des parents s’inquiètent des tensions qui règnent entre les élèves.
Dès ce matin, le rectorat a dépêché l’équipe mobile de sécurité et une cellule psychologique. Un nouveau conseil de discipline est déjà annoncé. Le directeur des services de l’Éducation nationale de la Haute-Garonne s’est rendu sur place pour soutenir le personnel et condamner avec la plus grande fermeté ces violences. Il a salué le professionnalisme et la réactivité des équipes du collège.

