Publié le mercredi 08 juillet 2026 dans la rubrique Bordeaux
Sud Ouest : 82,5% des journalistes votent une motion de défiance contre la direction
La défiance envers la direction est massive. À Bordeaux, en Gironde, la rédaction de Sud Ouest a voté vendredi 3 juillet une motion de défiance contre son directeur de la rédaction Jean-Pierre Dorian et son directeur général Christophe Galichon. Le conflit éclate dans un contexte de nouveau plan social.
Un vote sans appel
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 156 journalistes ont voté pour la motion de défiance. Cela représente 82,5% des suffrages exprimés. 33 se sont prononcés contre. 18 ont choisi de ne pas se prononcer.
Le texte a été soumis au vote par le SNJ, le Syndicat national des journalistes. La majorité est écrasante. La rédaction ne cache pas sa colère.
Une motion au vitriol
Le contenu de la motion est cinglant. Les journalistes adressent directement leurs griefs à Jean-Pierre Dorian et Christophe Galichon. Le texte liste les motifs de rupture de confiance.
« Nous ne leur faisons pas confiance pour repenser les organisations, préserver les emplois nécessaires, conserver des conditions de travail décentes », écrivent les signataires. La liste ne s'arrête pas là. Ils ajoutent le refus de faire perdurer la qualité éditoriale et d'assurer la pérennité de la Sapeso, la société presse et édition du Sud Ouest qui chapeaute le quotidien et sa régie publicitaire.
Les mots sont durs. La rupture est consommée sur les objectifs fondamentaux.
"Ceci est une grève"
La Société des journalistes a appelé à soutenir la motion. Dans un texte titré « ceci est une grève », la SDJ a justifié ce vote comme « le meilleur ersatz de grève que la rédaction puisse s'offrir dans une économie de la presse agonisante ». Elle accuse la direction de refuser « insuffisamment de prendre la mesure » de la crise qui frappe le secteur.
Le message est clair : faute de pouvoir faire grève dans les formes classiques, les journalistes utilisent ce vote comme un signal d'alarme. Un moyen de pression inédit dans la maison.
Une confiance brisée sur l'avenir
Au cœur du conflit, la question de la restructuration à venir. La motion évoque sans détour l'incapacité de la direction à « repenser les organisations » et à « préserver les emplois nécessaires ». Le spectre d'un nouveau plan social plane.
Les journalistes ne croient plus en la parole de leurs dirigeants. Le vote acte une rupture profonde. Pour la SDJ, c'est une forme de grève déguisée. Pour la direction, le message est impossible à ignorer : 82,5% de la rédaction lui retire sa confiance dans un moment déjà fragile pour la presse quotidienne régionale.


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