Publié le mardi 07 juillet 2026 dans la rubrique Bordeaux
Thomas Cazenave débranche les « cours buissonnières », programme de végétalisation des écoles et des crèches à Bordeaux
Bordeaux (Gironde) – La majorité municipale enterre un programme phare de l’ère Hurmic. Ce lundi, lors du conseil municipal, Anne Fahmy, adjointe chargée de l’éducation, a annoncé l’arrêt des « Cours buissonnières », ce dispositif de végétalisation et de désimperméabilisation des cours d’écoles et de crèches. Une décision qui intervient alors que la métropole bordelaise subit son troisième épisode de canicule en trois mois.
Un programme emblématique stoppé net
L’inquiétude couvait depuis des semaines dans les rangs de l’opposition écologiste. « La décision a été prise, peut-être d’un arrêt net ou d’une continuité a minima », alertait Harmonie Lecerf Meunier, ex-adjointe, lors d’un point presse le 3 juillet. Le couperet est tombé ce lundi matin. Anne Fahmy a été claire : « Nous allons arrêter le programme des cours buissonnières. »
Pour les Verts, qui ont porté ce projet durant la mandature de Pierre Hurmic, le symbole est fort. Il s’agissait de leur premier poste de dépenses d’investissement. « 10 % de nos écoles étaient chaque année désimperméabilisées, végétalisées, mais aussi dégenrées pour rendre les cours plus inclusives », a déploré Fannie Le Boulanger, ancienne adjointe à la petite enfance. Une philosophie « encensée partout en France », selon elle.
20 millions d’euros : le chiffre qui fâche
La nouvelle majorité justifie ce coup d’arrêt par le coût du programme. En cinq ans, 67 cours d’écoles et de crèches ont été rénovées sur les 128 que compte Bordeaux. Montant total de la facture : 20 millions d’euros. Un investissement jugé « pharaonique » par Anne Fahmy. La programmation initiale prévoyait pourtant 18,3 millions d’euros sur dix ans.
L’adjointe à l’éducation a enfoncé le clou. Pendant le même mandat, seuls 7 millions d’euros étaient réservés aux travaux dans les écoles. « 20 millions pour les cours, 7 pour les bâtiments », a-t-elle résumé, laissant entendre un déséquilibre budgétaire difficile à justifier face aux besoins d’entretien des établissements.
Une opposition qui monte au créneau
Les écologistes ne décolèrent pas. Pour eux, les Cours buissonnières ne se résumaient pas à du verdissement. Le programme intégrait une dimension sociale et éducative forte : désimperméabilisation des sols pour lutter contre les îlots de chaleur, mais aussi décloisonnement et mixité des espaces de jeux, avec des cours « dégenrées ».
Harmonie Lecerf Meunier dénonce une décision « hautement symbolique » en pleine crise climatique. Alors que Bordeaux suffoque sous des températures caniculaires, la végétalisation des cours d’école apparaissait comme une réponse concrète et locale aux fortes chaleurs. Un outil de résilience urbaine, désormais suspendu.
Un label Unicef déjà décroché
Ironie du calendrier, la Ville de Bordeaux avait obtenu le label « Ville amie des enfants » décerné par l’UNICEF pour la période 2020-2026. Cette distinction saluait justement plusieurs projets portés par l’ancienne équipe, dont les Cours buissonnières, mais aussi « Mes premiers pas au musée », « Des livres à soi » ou encore « La rue aux enfants ».
L’arrêt brutal du programme emblématique interroge sur la suite. La majorité municipale n’a pas annoncé de dispositif de remplacement. Pour les opposants, c’est un renoncement pur et simple face à l’urgence climatique. Pour la majorité, c’est un rééquilibrage budgétaire nécessaire, au nom d’une gestion plus sobre des deniers publics. Les Bordelais, eux, attendent de voir ce que deviendront les prochaines cours de récréation.


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