Publication le 5 juillet 2026 · Mis à jour le lundi 06 juillet 2026 dans la rubrique Bordeaux
Un millier de manifestants à Bordeaux pour les enfants victimes de violences
Place de la Victoire : un millier de personnes marchent pour les enfants victimes de violences
Samedi 4 juillet, 10h30. La place de la Victoire à Bordeaux s’est remplie de sifflets, de pancartes et de percussions. Un millier de manifestants – parents, femmes, enfants, personnes de tous âges – ont battu le pavé pour dénoncer le manque de protection des enfants. Les batucada rythmaient la marche. Des rubans blancs, symbole de la journée, flottaient dans les rangs.
La ville n’était pas seule. Ce même jour, 110 autres villes en France organisaient des rassemblements identiques. Une journée nationale sous le signe de la lutte contre les violences faites aux mineurs.
« 160 000 enfants, où êtes-vous ? » : le cri qui a porté le cortège
Un slogan a dominé la foule : « 160 000 enfants, où êtes-vous ? ». Ce chiffre, brandi sur les pancartes, représente le nombre de victimes de violences sexuelles chaque année en France. Les manifestants l’ont scandé sans relâche, interpellant directement le gouvernement.
L’association Mouv’Enfants, à l’origine de cette marche citoyenne, a pris la parole. Une voix a dicté un message fort : « Mettons-nous à la place de ces enfants. Mettons-nous à la place de la peur et de l’angoisse qu’ils peuvent ressentir. La peur de ne pas être cru. La peur de mal raconter, de se tromper dans une date, un détail, et que ce détail serve à douter d’eux. »
Cette phrase a résonné dans les rues bordelaises. Elle résume le cœur de la mobilisation : briser le silence, croire la parole des enfants, et exiger une meilleure protection institutionnelle.
L’adultisme pointé du doigt : un système qui « organise le silence »
Caroline Fabre, co-référente du collectif Enfantiste 33, a replacé cette lutte dans un cadre plus large. Selon elle, « l’adultisme est un système de domination qui organise le silence des enfants et minimise leur souffrance ». Une critique radicale de la manière dont la société traite les plus jeunes.
Elle a également souligné que certains enfants courent des risques encore plus grands. « Un enfant handicapé, précaire, non-blanc, adopté, LGBTQIA+, mineur non accompagné », a-t-elle énuméré, voit ses chances d’être victime augmenter considérablement. La manifestation n’a donc pas seulement dénoncé un chiffre. Elle a mis en lumière les inégalités qui fragilisent davantage certaines catégories de mineurs.
La marche s’est conclue sans heurt. Les rubans blancs, accrochés aux vêtements ou brandis au bout des bras, ont laissé une image forte : celle d’une ville debout pour ses enfants, exigeant des comptes et un changement de regard. Les organisateurs espèrent que ce 4 juillet restera comme un tournant. Le millier de personnes présent place de la Victoire en a déjà donné le signal.


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