Publié le mercredi 05 août 2026 dans la rubrique Lyon
Baignade interdite dans la Saône : les jeunes bravent les risques
Lyon, Rhône, Auvergne-Rhône-Alpes. La Saône, qui traverse la métropole, reste théoriquement interdite aux nageurs. Malgré les risques et l’amende, ils sont nombreux à s’y baigner dès que le mercure grimpe. Reportage au bord de l’eau, entre rappels à l’ordre et sauts périlleux.
Un bilan national accablant
Santé publique France a publié un premier bilan des accidents de baignade pour 2026. En deux mois et demi, 925 personnes ont été victimes d’un accident, et 274 y ont laissé la vie. Ces drames surviennent surtout pendant les canicules.
Ces incidents ont principalement touché les départements et régions côtières : 152 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 128 en Nouvelle-Aquitaine, 104 en Occitanie. Mais l’institution alerte sur une hausse des noyades mortelles hors du littoral. En Auvergne-Rhône-Alpes, elles ont doublé, souvent dans des lieux non surveillés et interdits à la baignade.
Une amende qui passe à 68 euros
À Lyon, les spots sauvages ne manquent pas entre Rhône et Saône. Les deux cours d’eau sont navigables ; la baignade y est proscrite. Pour dissuader, les brigades fluviales patrouillent désormais chaque jour. La sanction est passée de 38 à 68 euros, une amende de troisième classe.
En patrouille avec les gendarmes, au nord de Lyon
Du côté de Villefranche-sur-Saône, la brigade fluviale longe les ducs-d’Albe, ces gros pylônes de béton installés le long des berges pour décourager les baigneurs. L’après-midi, l’eau frôle les 25 degrés. Le soleil invite à plonger, mais l’interdit reste absolu. « Il y en a, en espérant qu’ils ne se sauvent pas en nous voyant », souffle l’adjudant-chef François-Xavier Marie.
Soudain, des jeunes se préparent à sauter. L’officier les interpelle : « Vous pouvez vous approcher, les jeunes ? Vous aviez prévu de sauter là ? » Shayne et Sétim sont venus de Lyon en bus. Tim parle d’un dernier saut avant de rebrousser chemin. Les gendarmes leur rappellent ce qui se cache sous l’eau. « Des épaves de voitures », capables de les blesser. Pas le temps de plonger : les deux adolescents font demi-tour.


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